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Fred Courant (C’est pas sorcier) et Éric Guilyardi, climatologue, directeur de recherche au CNRS, membre de l’Institut Pierre-Simon Laplace, et président de l’Office pour l’éducation au climat (OCE), nous expliquent comment enseigner le changement climatique.

La vidéo complète

Fred Courant :
Ecoutez ça ! Selon l'UNESCO, 95% des enseignants pensent qu'il est important d'enseigner le changement climatique.
Mais attention, seulement 30% d'entre eux se sentent capables de l'expliquer, ainsi que ses impacts.
Je les comprends.
Il faut dire que le changement climatique, c'est un sujet vaste et complexe. Il englobe des dimensions scientifiques, économiques, éthiques ou encore sociales, avec des concepts et des notions parfois difficiles à appréhender pour les élèves et pourquoi pas, aussi parfois, pour les enseignants.
Ce sujet suscite également beaucoup de débats et d'inquiétudes chez les jeunes, alors l'enseigner correctement, c'est un vrai défi.
Et certains enseignants ne se laissent pas décourager, ils construisent leurs propres ateliers en classe en misant sur l'interactivité et le dialogue.
Et oui, regardez.

Emilie Fakhri (professeure de physique-chimie au collège Cesaria Evora de Montreuil)
Et bien bonjour à tous, aujourd'hui séance un petit peu spéciale comme vous êtes au courant.
On va aujourd'hui un peu enchaîner sur les choses qu'on a déjà vu ensemble, à savoir, on est en train de travailler sur le climat et sur le changement de notre climat dernièrement.
Et pour ça, je vous ai préparé donc des documents différents. Et vous allez endosser le rôle de climatologue, d'océanographe et d'agriculteur.

Eric Guilyardi (président de l’OCE, océanographe et climatologue au CNRS)
L'enseignement du changement climatique commence par bien comprendre les notions et les concepts scientifiques à la base du fonctionnement de la machine climatique.
Il faut d'abord la définir, comprendre les mécanismes qui vont faire varier le climat, qui vont être responsables du cycle de l'eau, du cycle du carbone.

Et en particulier, un élément essentiel, c'est de bien comprendre les différentes échelles de temps et d'espace mises en œuvre, en particulier pour comprendre l'impact de l'homme dans les variations du climat.

Collégiens en classe
On voit que ça, augmente, ça bouge, ça augmente en fonction des années.

Ben c'est 1880 l’année parce que le thermomètre a été généralisé en unité de mesure en 1880.

On peut dire que c'est 140 non ? Oui, mettons 140.

Eric Guilyardi (président de l’OCE, océanographe et climatologue au CNRS)
Alors l'éducation au changement climatique, au-delà de ses bases scientifiques, est aussi l'occasion de développer les compétences sociales et comportementales des futurs citoyens que vont être les jeunes.

Ça va être de s'exprimer, de savoir s'exprimer, d'écouter, de développer de l'empathie, des compétences de collaboration, de coopération.
Donc autant de compétences qui vont main dans la main avec les connaissances scientifiques, pour pouvoir préparer les futurs citoyens et aussi un élément important de pouvoir se projeter de façon positive dans l'avenir.

Fred Courant
On pense souvent que l'enseignement du changement climatique est réservé aux disciplines scientifiques comme la SVT, les maths ou la physique chimie.
Mais c'est oublier que ce phénomène affecte déjà toutes les dimensions de notre société par exemple :
- la santé avec la propagation des maladies infectieuses,
- le social avec le déplacement des populations
- ou encore l'économie avec les investissements à réaliser pour s'adapter.
Donc, si l'enseignement se focalise uniquement sur la dimension scientifique, il risque de dépolitiser le sujet et d'éloigner les jeunes des vrais enjeux de société.

Le changement climatique doit donc être abordé de manière transversale dans différentes matières, en histoire, en géographie, en philosophie ou encore en arts plastiques pour restituer cette vision globale.
Bon, et attention aussi, inutile d'être trop alarmiste, ça pourrait décourager, voire inquiéter certains élèves et donc être totalement contre-productif.

Eric Guilyardi (président de l’OCE, océanographe et climatologue au CNRS)
Pour limiter l'anxiété ou faire trop peser le poids du monde sur les épaules des jeunes, il faut éviter déjà tout ce qui est images catastrophistes ou chocs qu'on voit beaucoup dans les médias.

Il est important de contextualiser les apprentissages pour que les élèves puissent se relier au sujet, que ça ne soit pas un cours hors-sol ou un sujet hors-sol par rapport à leur vécu quotidien.
Par exemple, on ne va pas parler de risques en montagne, de changement climatique en montagne quand les élèves habitent au bord de la mer, donc c'est important de faire cette contextualisation.

Emilie Fakhri (professeure de physique-chimie au collège Cesaria Evora de Montreuil)
Comment on fait pour moins polluer vous, à votre échelle, en tant qu'élève ?

Elève
On n'a qu'à sinon mettre des détritus dans notre voiture, voilà.

Emilie Fakhri
Des détritus ?

Elève
Par exemple, de notre compost, par exemple.

Emilie Fakhri
Tu veux dire, peut-être fabriquer de la « bio-essence » ?

Oui, de l'essence, mais moins polluante.

Eric Guilyardi (président de l’OCE, océanographe et climatologue au CNRS)
Il y a d'autres raisons qui expliquent pourquoi il est important de contextualiser les apprentissages. C'est que ce que les élèves apprennent ne soit pas en décalage par rapport à leur environnement, de l'environnement de l'école, leur environnement familial.

Donc d'impliquer tous les acteurs autour de l'école, ça va être important. Et on sait, la recherche montre que ce que les élèves apprennent à l'école a un impact aussi sur les familles et dans l'entourage de façon plus large.

Emilie Fakhri
Je vais vous demander de calculer votre empreinte carbone pour la prochaine fois.
Justement, je vais vous demander de calculer sur le trajet « Mairie de Montreuil - Place de la Nation ».
Si vous deviez vous déplacer sur ce trajet-là, lequel vous choisiriez ? Est-ce que vous partiriez en métro, en voiture ou à pied ?

Fred Courant
Bon, alors évidemment, il ne s'agit pas de transformer les élèves en activistes ou en militants, non, non ! Mais plutôt de développer leur capacité à comprendre les enjeux et à prendre des décisions pour construire le monde de demain.
Le but est aussi de les encourager à l'action, pour qu'ils deviennent des acteurs de changement positif.
L'OCE - Office for Climate Education - soutient les enseignants dans cette démarche.
Il propose de nombreuses ressources scientifiques et pédagogiques, comme des résumés des rapports du GIEC, des kits d'ateliers prêts à l'emploi ou encore des formations.

Alors n'hésitez pas à consulter leur site internet ! Et puis, si vous voulez approfondir le sujet, vous pouvez jeter un œil à toutes les références qui accompagnent cette vidéo.

Ah, une dernière chose, écoutez, 77% des jeunes se disent intéressés par la thématique du réchauffement climatique.
Alors ça va, on est plutôt sur la bonne voie !

Pour aller plus loin

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