L’enseignement explicite, qu’est-ce que c’est ?
L’enseignement explicite n’est pas une méthode imaginée en laboratoire ou déduite d’une théorie. C’est l’agencement de pratiques que la recherche a associées à une meilleure réussite des élèves : fournir des objectifs clairs, procéder par étapes précises, chacune devant être maîtrisée avant de passer à la suivante, solliciter fréquemment, faire pratiquer de façon répétée…(Rosenshine, 2009).
Il s’appuie également sur les principes de l’apprentissage identifiés par les sciences cognitives (attention, engagement actif, retour sur erreur et consolidation).
Sa définition pourrait être celle-ci : un enseignement structuré, où l’activité de l’enseignant vise à favoriser par des explications claires, des démonstrations et une pratique guidée en plusieurs étapes (« je fais, nous faisons, tu fais »), un engagement actif des élèves et une meilleure compréhension de l’objet d’apprentissage.
Et ça marche ! C’est ce que montrent les travaux de David Klahr : dans une étude menée en 2020 auprès de 145 élèves de CE2-CM1, ceux ayant bénéficié d’une démonstration explicite ont montré un niveau de connaissance bien plus élevé que ceux n’ayant bénéficié que de conseils indirects censés favoriser la découverte des notions par les élèves.
Comment s’y prendre ?
L’enseignement explicite est structuré en cinq phases :
- Au début de la séance : le professeur annonce clairement l’objectif d’apprentissage pour que les élèves focalisent leur attention sur ce qu’ils vont apprendre
- Le modelage (« Je fais ») : il démontre ensuite les étapes pour y parvenir à partir d’exemples concrets. Pour mobiliser l’attention des élèves, le professeur décrit ce qu’il fait en mettant « un haut-parleur sur sa pensée »
- La pratique guidée (« Nous faisons ensemble ») : puis professeur et élèves pratiquent ensemble ; il sollicite leur engagement et interagit avec eux sous des formes qui peuvent être variées (oral, brouillon, ardoise, tableau, travail en binôme…)
- La pratique autonome (« Tu fais ») : après plusieurs exercices et une fois leur compréhension jugée satisfaisante, les élèves travaillent en autonomie afin d’assurer une pratique intensive pour favoriser l’automatisation
- En conclusion : le professeur synthétise le travail réalisé, annonce la prochaine séance et donne le travail à faire d’ici là.
Un exemple d’enseignement explicite dans un cours de mathématiques de 6ème.
L’enseignement explicite n’est pas un enseignement magistral. Tout au contraire : la phase de modelage est brève (5 minutes) et du modelage à la pratique autonome, le contrôle du professeur est de plus en plus faible et celui de l’élève, de plus en plus important. L’interaction avec les élèves est centrale : le professeur les sollicite en permanence, circule, repère les difficultés et refait un modelage si nécessaire. Cette combinaison d’un guidage explicite et d’un engagement actif s’accorde avec toutes les formes d’organisation de la classe : travail en groupe, en dyade, collaboratif etc.
Pour aller plus loin
Conférence internationale Enseignement explicite - 1 Ouverture et introduction
Conférence internationale du CSEN du 31 mai 2023
L'enseignement explicite : de quoi s'agit-il, pourquoi ça marche et dans quelles conditions ?
Synthèse de la recherche et recommandations