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La sieste est un besoin physiologique qui dépend de la maturation de l’enfant. Sa suppression doit se faire progressivement au cours des années de maternelle.

Pourquoi la sieste est un besoin fondamental ?

Durant les premières années de sa vie, alors que l’enfant assimile une grande quantité d’informations, son cerveau est encore en pleine maturation et les zones cérébrales impliquées dans l’apprentissage consomment beaucoup d’énergie. Or, c’est en dormant que le cerveau parvient à réguler une telle demande énergétique ! Là où une nuit suffit à l’adulte, l’enfant a besoin d’une courte période de sommeil en plus en début d’après-midi.

Ce temps de sommeil est loin d’être une perte de temps. Plusieurs études ont montré que la sieste, après un nouvel apprentissage de vocabulaire par exemple, permet de mieux retenir ce qui avait été appris. Elle permet aux enfants de gérer leurs émotions et leurs comportements jusqu’en fin de journée.

Quand la sieste s’arrête-t-elle ? Une méta-analyse montre qu’avant 2 ans, il est rare (< 2,5 %) qu’un enfant cesse de dormir en journée (Staton et collaborateurs, 2020). L’arrêt devient plus fréquent en maternelle : 33 % des enfants ne font plus la sieste à 3 ans, 57 % entre 3 et 4 ans, 80 % entre 4 et 5 ans, et 94 % après 5 ans.

Ces résultats nous indiquent que le besoin de sieste varie d’un enfant à l’autre : certains n’en auront plus besoin dès la petite section, tandis que d’autres en auront besoin plus longtemps. En maternelle, il existe des « siesteurs » qui ont besoin de dormir en début d’après-midi, et des « reposeurs » pour qui un temps calme est suffisant.

Les signes d’un manque de sommeil incluent : une difficulté de concentration, un endormissement ou de la somnolence après l’école, de l’agitation, de l’irritabilité, de l’impatience et des chutes.

Le CSEN a publié une synthèse Mieux dormir pour mieux apprendre et organisé une conférence internationale qui soulignent le rôle fondamental du sommeil dans la régulation des émotions et les capacités d’apprentissage. Les chercheurs en sont convaincus, bien dormir, c’est bien apprendre !

Comment prendre en compte son évolution ?

Il est essentiel de permettre à tous les enfants qui en ont besoin de faire une sieste à la maison comme à l’école. Un simple repos ne suffit pas pour ceux qui doivent dormir.

De même, la sieste ne peut pas être imposée à ceux qui n’en ont plus besoin. Pour les enfants qui n’ont plus besoin de dormir, un moment de repos peut être proposé d’une durée de 20 à 30 minutes.

Un dialogue régulier entre parents et enseignants permet d’adapter le rythme de l’enfant. Lorsque son coucher le soir est difficile, il peut être utile de supprimer la sieste et d’observer pendant quelques jours le comportement de l’enfant : s’il semble plus fatigué, grognon, ou agité, c’est sans doute qu’il est encore trop tôt. A contrario, si son comportement reste stable et que son endormissement le soir est facile, la transition est en cours.

Questions/ réponses pour assurer une bonne sieste

La sieste doit idéalement durer un cycle de sommeil soit environ 1h30 hors temps d’endormissement, et commencer le plus tôt possible après le déjeuner pour ne pas retarder le coucher du soir et rendre le lever difficile.

Le silence favorise l’endormissement mais les enfants parviennent progressivement à dormir malgré les bruits familiers de la journée.

L’obscurité n’est pas indispensable. Elle est même déconseillée : la lumière naturelle favorise le rythme circadien.

Le dortoir dédié est préférable, mais l’aménagement de la classe peut suffire lorsque l’espace ne le permet pas.

Si dormir en groupe s’avère souvent plus difficile, personnaliser la couchette de l’enfant peut aider l’enfant à s’y sentir à l’aise.

Un rituel calme avant le coucher aide l’enfant à se détendre et à s’endormir plus facilement. Ce rituel, même bref, est rassurant pour lui.

La durée de la sieste variant d’un enfant à l’autre, il est recommandé de laisser l’enfant quitter la couchette ou lui proposer des activités calmes. Un enfant qui ne s’endort pas après 20 minutes peut être levé, à condition d’être arrivé calme et prêt à dormir. Un temps de récréation avant ou après la sieste n’est pas indispensable.

Un endormissement ou une somnolence matinale indiquent un besoin de sommeil non satisfait. Un temps de repos peut alors être proposé, et un dialogue avec les familles est nécessaire pour aider l’enfant à retrouver de la disponibilité pour les apprentissages.

Il est important que l’enfant ne perçoive pas la sieste comme étant réservée aux « petits » mais comme une occasion pour bien grandir et bien apprendre. Éviter qu’il se sente frustré de manquer des activités l’aide à dormir sereinement.

La plaquette Dormir, apprendre, grandir ensemble peut-être imprimée et partagée aux enseignants, ATSEM et parents.

Recommandations pour le pilotage

 

Alors que le sommeil est encore souvent perçu comme une perte de temps, le CSEN, sous la direction de Stéphanie Mazza, souligne l’importance de le considérer comme un outil de réussite scolaire et du bien-être de l’élève.

 

En maternelle, en raison de contraintes d’espace ou de personnels, la sieste est fréquemment supprimée à la fin de la petite section. Les travaux scientifiques indiquent qu’il est essentiel de

    • Permettre de faire une sieste à tous les enfants de maternelle qui en ont besoin, moyenne et grande sections comprises
    • Renforcer la formation initiale et continue des enseignants, IEN, ATSEM et animateurs périscolaires sur les besoins et ses effets
    • Accompagner la gestion de la sieste en maternelle d’un texte officiel de cadrage.

Au collège et au lycée, le coucher est plus tardif en raison d’un retard de phase physiologique et du fait des horaires de cours matinaux et de l’usage des écrans le soir, 80% des adolescents sont en dette chronique de sommeil. C’est pourquoi

    • Retarder l’heure de début des cours est aujourd’hui l’une des recommandations les plus robustes pour améliorer la durée du sommeil.

À tous les degrés, le CSEN recommande de

    • Renforcer la place du sommeil dans les programmes scolaires. La mise en place de comportements efficaces nécessite en effet que l’on dispose de bonnes connaissances sur le sommeil.

Pour aller plus loin

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