Le changement climatique, la perte de biodiversité et les multiples pollutions sont des défis majeurs de notre époque. Face à cette réalité, l’éducation joue un rôle fondamental : elle permet aux jeunes générations de comprendre les enjeux associés, d’en mesurer les impacts et d’acquérir les compétences nécessaires pour agir en citoyens éclairés et responsables.
Mais comment éduquer au climat et à la biodiversité ?
UN PARCOURS DES NOTIONS
Le parcours des notions sur le climat et la biodiversité du CSEN vise à aider les professeurs. De nombreuses notions ou attitudes peuvent être construites dès la maternelle : le chaud et le froid, la décision collective d’ouvrir ou de fermer la fenêtre, la joie de faire une activité dehors, etc.
La recherche scientifique et le parcours des notions du CSEN montrent comment les savoirs, savoir-être et savoir-faire à maîtriser en fin de terminale se construisent à l’école, au collège et au lycée, de façon spiralaire (parcours d’apprentissage dans lequel une même notion est étudiée à différents moments, dans plusieurs contextes et avec des niveaux de difficulté différents ).
Il souligne aussi de nombreux points de vigilance, qui doivent faire partie de la boussole des équipes éducatives, afin d’éviter que certaines notions mal acquises mettent en difficulté les élèves dans les niveaux suivants.
Il insiste sur l’importance de créer une culture commune au sein de l’école pour garantir une progression cohérente des apprentissages. Le parcours propose une organisation claire des notions scientifiques essentielles :
- Observer le monde à partir de l’expérience du réel
- Se représenter le système Terre scientifiquement
- Percevoir le changement
- Agir face au changement
L’objectif est de fournir aux enseignants des repères méthodologiques et pédagogiques qui se construisent de façon spiralaire, en mettant l’accent sur des éléments incontournables à mobiliser et à travailler en classe :
- savoirs généraux : comme bien distinguer les échelles de temps et d’espace, comprendre les notions de flux et de stocks
- savoir-faire : par exemple observer et mesurer des données, avoir une démarche scientifique
- savoir-être : par exemple apprendre à coopérer, et à collaborer, développer une pensée critique
PRÉSENTATION DE 2 PROGRESSIONS DU CYCLE 1 AU LYCÉE
Une progression sur la biodiversité et une autre sur le climat sont disponibles sur le site du CSEN en version interactive, du cycle 1 au lycée
UN EXEMPLE DE PARCOURS SUR LA BIODIVERSITÉ : l’étude de l’escargot des bois, Cepea nemoralis.
En partant de ce qu’ils peuvent observer autour d’eux, tout en les connectant à des notions scientifiques complexes comme l’évolution ou le climat, l’escargot des bois est une espèce idéale pour observer la biodiversité avec les élèves :
On le trouve partout en France, dans des milieux très variés (forêts, champs, bords de route, jardins…).
Il est facile à observer, même en ville.
Il présente une grande diversité visible : couleurs de coquilles, bandes, etc.
Et surtout, il permet d’aborder les trois pans de l’appréhension du vivant :
- Qu’est-ce que ça fait ?
- Qu’est-ce que c’est ?
- D’où ça vient ?
Qu’est-ce que ça fait ?
Cette partie s'intéresse aux interactions de l’escargot avec d'autres êtres vivants. On découvre ce qu’il mange, qui l’attaque, où il vit, et avec qui il partage son "chez lui", c’est-à-dire son écosystème.
Observer ses prédateurs : grive, carabe, hérisson, etc. à partir du cycle 2
Cela permet de construire avec les élèves un réseau d’interactions et d’aborder la notion d’écosystème.
Qu’est-ce que c’est ?
On regarde comment il est fait, on apprend le nom de ses parties, on le compare à d’autres animaux et on apprend à les classer.
Observer et nommer l’anatomie de l’escargot : la coquille, les tentacules, le pied, etc. à partir du cycle 2.
Le classer avec d’autres animaux :
- par tri à partir du cycle 2
- par clés de détermination à partir du cycle 3.
- par classification à partir du cycle 3.
- Comprendre la notion d’espèce et même de fossile à partir du cycle 3.
D’où ça vient ?
On regarde pourquoi certains escargots ont des coquilles jaunes, d’autres brunes, comment ils font des bébés, et comment les plus aptes survivent.
- Observer : l’espèce se prête facilement à l’observation à partir du cycle 1
- Étudier la variation : les coquilles sont de couleurs différentes à partir du cycle 2.
- Comprendre la reproduction aux cycles 2 et 3.
- Apprendre la sélection naturelle à partir du cycle 4 : les escargots jaunes survivent mieux en ville car ils résistent mieux à la chaleur, mais ils sont plus repérés par les oiseaux !
- Voir la parenté entre espèces avec la généalogie et la phylogénie
Ces pistes peuvent être enrichies par diverses activités pédagogiques comme :
- Organiser une sortie sur le terrain pour observer les escargots et leur environnement.
- Participer à des projets de sciences participatives, par exemple l’“Opération escargot” de Vigie Nature : https://www.vigienature.fr/fr/operation-escargots
- Faire un élevage d’escargots en classe, comme les Petits Gris (Cornu aspersum), pour découvrir d'autres espèces.
- Une rencontre avec des acteurs locaux de la protection de la biodiversité
- Travailler sur documents pour examiner comment le réchauffement influe sur les populations d’escargots
Conclusion
L'éducation au climat et à la biodiversité commence dès la maternelle et fait appel à l’ensemble des disciplines tout au long de la scolarité. C’est un levier puissant pour renforcer l’engagement civique et pour développer l’engagement et la confiance des jeunes dans leur capacité à agir.
Elle demande :
- un accès généralisé à des ressources pédagogiques et des outils gratuits et adaptés au contexte local
- une formation systématique des enseignants, afin que tous puissent intégrer ces enjeux dans leurs enseignements et
- un cadre institutionnel propice.
L’éducation au climat et à la biodiversité constitue enfin une opportunité d’associer les familles pour minimiser les dissonances cognitives que les jeunes pourraient ressentir entre l’école et leur environnement familial.