La cérémonie du Prix Chercheurs en Actes s’est tenue mercredi 4 novembre au ministère de l’Éducation nationale. Animée par Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN), la cérémonie a récompensé les équipes et chercheurs distingués pour leurs travaux en faveur de pratiques pédagogiques éclairées par la recherche.
Cette année, ce sont 28 candidatures issues de 18 académies qui ont été examinées. Le jury a distingué trois projets dans les catégories École, Collège et Lycée, ainsi qu’une initiative récompensée par une Mention spéciale et trois travaux de recherche distingués par un Prix d’Excellence.
Trois projets lauréats, trois réponses aux défis de l’école
Dans la catégorie École, le prix a été remis à la circonscription de Belley (académie de Lyon) pour son projet « De l’exception à la régularité : enseigner l’orthographe autrement », présenté par Camille Jullien, conseillère pédagogique. Le projet propose de renouveler l’enseignement de l’orthographe en s’appuyant sur les apports de la recherche afin de favoriser des apprentissages plus réguliers et mieux ancrés.
Dans la catégorie Collège, le collège Gisèle Halimi d’Aubervilliers (académie de Créteil) a été récompensé pour « Apprendre et entreprendre au collège : un projet cognitif et numérique en REP+ », présenté par Mathilde Ourguel, professeure de lettres. Le projet mobilise notamment les apports des sciences cognitives et de la métacognition pour développer l’autonomie des élèves, leur rapport à l’erreur et leur capacité à apprendre. Il s’appuie également sur des outils numériques et un accompagnement des enseignants.
Dans la catégorie Lycée, le prix revient au lycée professionnel Gaspard Monge de Savigny-sur-Orge (académie de Versailles) pour « Améliorer la compréhension et l’autonomie des élèves à besoins éducatifs particuliers grâce à Geronimo », présenté par Roger Loaiza-Soto, professeur. Développé avec le laboratoire CHArt (UPEC/CNRS), cet assistant fondé sur l’intelligence artificielle vise à faciliter l’accès aux textes et aux consignes, notamment grâce à leur simplification, à la synthèse vocale et à l’explication de termes complexes.
Une Mention spéciale du jury pour mieux respecter le rythme de l’enfant
Le jury a attribué une Mention spéciale à l’école maternelle publique Saint-Germain-l’Auxerrois, à Paris, pour son projet « Respecter le rythme de l’enfant, une ambition réaliste », présenté par Thomas Watanabe-Vermorel, directeur de l’école.
Cette initiative vise à mieux prendre en compte les besoins de sommeil et de repos des jeunes enfants, au-delà de la seule petite section. En s’appuyant sur les connaissances scientifiques relatives au sommeil, l’équipe a repensé l’organisation des temps de repos et engagé une démarche d’évaluation associant observations, questionnaires et tests cognitifs, avec une école témoin.
Trois Prix d’Excellence pour valoriser les travaux de recherche
En complément des prix par catégorie, trois Prix d’Excellence ont été remis à des travaux qui contribuent à faire progresser les connaissances sur les pratiques pédagogiques et les apprentissages.
- Nicolas Danglade, IA-IPR de sciences économiques et sociales dans l’académie d’Aix-Marseille, a été distingué pour son projet « Mesurer l’impact d’une démarche d’enseignement explicite en Sciences économiques et sociales ». Mené auprès de 90 enseignants et de 3 600 élèves, ce travail compare les résultats de groupes ayant bénéficié de cette démarche à ceux d’un groupe témoin. Les premiers résultats font apparaître des effets positifs sur les performances des élèves et la mise en œuvre des programmes.
- Mélanie Maximino Pinheiro, post-doctorante au laboratoire LaPsyDE (CNRS, Université Paris Cité), a reçu un Prix d’Excellence pour ses travaux intitulés « La métacognition dès l’école maternelle, un levier de réduction des inégalités éducatives ? ». Ce programme de recherche étudie le développement des compétences métacognitives dès la maternelle et leurs effets sur les apprentissages. Les premiers résultats soulignent notamment l’intérêt de la formation des enseignants pour accompagner ce développement et soutenir les apprentissages en langage et en mathématiques.
- Sébastien Goudeau, professeur au CeRCA de l’Université de Poitiers, a été récompensé pour son projet « Inégalités sociales à l’école maternelle : construction, mécanismes et réduction ». Ses recherches portent sur la manière dont les inégalités sociales se construisent dès l’école maternelle, notamment à travers les interactions entre enseignants et élèves lors des séances collectives. Elles visent également à identifier des leviers pour favoriser une participation plus équitable de tous les enfants.
Faire vivre le dialogue entre recherche et pratiques professionnelles
Le Prix Chercheurs en Actes s’inscrit dans une ambition : rapprocher les travaux de recherche des réalités du terrain, encourager les équipes à expérimenter et favoriser la diffusion de pratiques pédagogiques éclairées par les connaissances scientifiques.
Cette 7ᵉ édition a été organisée avec le soutien de plusieurs partenaires : Réseau Canopé, le Réseau des INSPE, l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation (IH2EF), le programme IDEE, le bureau de l’innovation pédagogique de la DGESCO et l’Institut français de l’Éducation (IFÉ).
Le CSEN remercie tout particulièrement la GMF pour son soutien au Prix, qui permet de récompenser les équipes lauréates et de clôturer cette cérémonie autour d’un moment convivial.