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À l’école, la métacognition joue un rôle central pour favoriser l’engagement des élèves dans les apprentissages et éviter le décrochage et la « spirale de l’échec ». Le texte du CSEN, rédigé par Joëlle Proust, dresse un état des lieux et propose des gestes professionnels pour développer une bonne régulation de la métacognition. Ces pratiques éducatives visent également à réduire les inégalités scolaires et les biais socio-cognitifs qui leur sont associés.

Résumé

La métacognition désigne la capacité à réfléchir sur sa propre activité mentale, à comprendre comment on apprend et à ajuster ses stratégies en conséquence. Elle favorise la réussite scolaire en rendant l’élève plus autonome et confiant dans ses apprentissages. L’enseignant joue un rôle central dans ce processus, en créant des conditions propices à l’apprentissage : il aide l’élève à comprendre les objectifs d’apprentissage, à évaluer ses progrès et à percevoir ses erreurs comme des étapes normales de la réussite.

Pour qu’un apprentissage soit efficace, il faut que l’élève ait les moyens d’apprendre, la motivation pour s’engager et la capacité de s’auto-évaluer. Ces dimensions s’enracinent dans des facteurs cognitifs, émotionnels et sociaux qui interagissent fortement. Les sentiments d’efficacité personnelle, la perception de la difficulté et le plaisir d’apprendre guident l’effort et la persévérance, tandis que les stéréotypes sociaux ou les croyances négatives sur ses capacités peuvent freiner l’engagement.

Ainsi, cette synthèse montre que la réussite scolaire ne dépend pas seulement des savoirs transmis, mais aussi de la manière dont l’élève pense, ressent et interprète son propre apprentissage. Cultiver la métacognition à l’école revient donc à donner à chacun les outils pour comprendre, réguler et valoriser sa façon d’apprendre.

 

Les points à retenir

Sur l’autorégulation : 

  • Un apprentissage est autorégulé quand l’apprenant se fixe un but d’apprentissage et accepte d’effectuer les exercices qui y conduisent. Il adopte alors une certaine stratégie pour l’atteindre, en surveille attentivement l’application, évalue son progrès relativement à ce but, et enfin évalue la correction des résultats produits.
  • Les trois conditions essentielles de l’autorégulation sont :
    • Pouvoir apprendre
    • Vouloir apprendre
    • Pouvoir s’évaluer

Sur les sources de l’autoévaluation :

Afin de favoriser l’apprentissage des élèves, il est essentiel de :

  • Adapter la difficulté de l’exercice à ce que l’apprenant sait déjà faire.
  • Identifier le niveau souhaitable de difficulté des activités.
  • Favoriser le suivi de l’activité et son évaluation finale par l’élève, qui font partie intégrante de l’apprentissage.
  • Savoir que les sentiments métacognitifs sont parfois trompeurs, parce qu’ils ne sont pas toujours engendrés par l’activité-cible.

 

Sur le rôle des croyances et connaissances sur l’activité mentale :

  • Les stéréotypes de genre ont un effet sur la confiance en soi qui, en mathématiques, est positif pour les garçons, et négatif pour les filles, et réciproquement, en lecture ;
  • Ces stéréotypes sont auto-réalisateurs : quand ils sont désactivés, les résultats sont identiques pour les filles et les garçons, voire légèrement supérieurs pour les filles ;
  • Ce sont les tâches impliquant un effort – celles qui peuvent être ratées — qui sont affectées par les stéréotypes sociaux ;
  • Le stéréotype masculin renforce la motivation et l’effort des garçons, tandis qu’il les amoindrit chez les filles ;
  • On peut lutter contre les stéréotypes de genre :
    • en présentant aux filles des exemples de succès féminins en mathématiques (et inversement pour les garçons en lecture),
    • en proscrivant les commentaires, les attitudes ou les supports porteurs de stéréotypes implicites.

 

Sur les moyens pour aider les élèves à corriger leur théorie naïve des conditions favorables aux apprentissages :

  • Les stratégies métacognitives les plus importantes peuvent être inscrites explicitement dans les consignes des tâches (par exemple, « Vérifiez que… », « Attention à bien… », « Demandez de l’aide si nécessaire ») ;
  • D’autres sont à enseigner au fil de l’eau, en fonction de l’engagement des élèves dans les buts et en réponse aux erreurs rencontrées ;
  • Il est plus efficace de rectifier les croyances nocives des élèves sur l’intelligence, le genre, etc. par des moyens implicites (comparaison ascendante proximale, absence de tout stéréotypage en classe etc.) ;
  • C’est lorsque les élèves se sont engagés dans l’activité et forment des sentiments métacognitifs qu’ils peuvent s’approprier durablement les stratégies leur permettant de vaincre la difficulté perçue ;
  • Les stratégies métacognitives sont incluses dans la présentation des tâches, les invites verbales et les retours écrits de l’enseignant.

 

Sur les feedbacks des enseignants utiles et motivants pour les apprentissages :

  • Le feedback externe est le geste pédagogique le plus puissant, mais il doit être utilisé en pleine conscience de ses conditions de réussite. Il doit, selon les cas, concerner :
    • le but (est-il compris ?)
    • le processus (est-ce la bonne stratégie ?)
    • le résultat (est-il correct, aurais-je pu l’obtenir autrement ?).
      Ces trois types de feedback externe sont destinés à solliciter de manière flexible la métacognition de l’élève, et de le rendre à terme autonome dans son évaluation
  • L’efficacité du feedback externe diminue avec le délai avec lequel il est fourni relativement à l’activité concernée.
  • Le feedback externe donné en cours d’activité est centré sur la tâche en cours. Il doit encourager l’élève à poursuivre le but qu’il s’est fixé, et à faire de l’erreur un tremplin et non un obstacle.
  • Quel qu’en soit le motif (résultat, effort fourni, comportement), le feedback positif visant la personne de l’élève pendant l’activité diminue sensiblement le succès de l’apprentissage. Pendant l’activité, il convient d’encourager implicitement l’élève par un étayage bienveillant centré sur la tâche.
  • Noter un élève en cours d’apprentissage diminue sensiblement ses acquisitions.
  • L’évaluation formative, centrée sur les buts de maîtrise, favorise les apprentissages et réduit les inégalités liées à l’origine sociale.

Les gestes professionnels associés

Ce document est composé de 13 fiches pratiques, chacune décrivant un geste professionnel préconisé par la recherche pédagogique internationale. Les gestes sont classés selon l’effet recherché.

Pour aller plus loin

Le dossier de synthèse à télécharger

La vidéo explicative

Dans cette vidéo, qui n’est malheureusement plus disponible en ligne, Joëlle Proust, membre du CSEN, donne une conférence pour le Réseau Canopé (15 mai 2020). Elle y présente des outils pour les enseignants, visant à encourager le sentiment d’efficacité et l’engagement de l’élève.

Le diaporama reste cependant disponible au téléchargement ci-après.

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