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Présentation

La métacognition recouvre l’ensemble des processus, des pratiques, croyances et connaissances qui permettent à chaque individu de contrôler et d’évaluer ses propres activités cognitives, c’est-à-dire de les réguler. Les capacités métacognitives de contrôle et d’auto-évaluation y sont étroitement liées.

L’attention est indispensable pour comprendre l’objectif à atteindre et rester concentré sur lui ; le niveau d’effort engagé et la capacité à surmonter les obstacles dépendent de la motivation à effectuer la tâche. La motivation dépend de la confiance de réussir dans l’apprentissage ou la tâche. L’évaluation réaliste par l’élève de la difficulté de la tâche et du travail effectué, détermine l’efficacité de l’apprentissage et le choix de stratégies alternatives. La fiabilité de cette auto-régulation dépend de l’expérience acquise sur des tâches similaires. Mais d’autres facteurs peuvent favoriser ou biaiser l’autorégulation, comme la représentation que l’élève a d’elle/lui-même et de son intelligence, et sa compréhension du rôle constructif de l’erreur dans l’apprentissage.

Cette conférence réfléchira sur l’impact de ces diverses composantes de la métacognition sur la réussite scolaire des élèves. Elle examinera les pratiques éducatives susceptibles de répondre aux interrogations suivantes :

  • Comment rendre les élèves responsables de leur propre attention et les aider à identifier un levier qu’ils puissent mobiliser ?
  • Comment présenter aux élèves les buts d’apprentissage d’une manière qui favorise leur engagement actif ?
  • Faut-il signaler aux élèves leurs éventuelles erreurs de performance, et comment le faire ?
  • Quels sont les outils et les pratiques permettant d’améliorer l’auto-régulation des élèves ?
  • Comment combattre l’effet des stéréotypes sociaux sur l’appropriation des tâches scolaires ?

Le programme détaillé

Accueil à partir de 12 h 30

13 h 30 – Ouverture

  • Stanislas Dehaene, Président du CSEN

13 h 40 – Introduction

  • Sid Kouider, membre du CSEN

13 h 50 – Les sentiments métacognitifs et la pédagogie. Confiance, manque de confiance, excès de confiance : qu’est-ce qu’ils nous disent sur l’apprentissage ?

  • Anastasia Efklides, Université Aristote de Thessalonique, Grèce (en anglais, traduction française assurée)

14 h 40 – Pédagogie coopérative et métacognition

  • Céline Buchs, Université de Genève

15 h 30 – PAUSE

15 h 50 – Motivation en classe et représentation de soi

  • Daphna Oyserman, Université de Californie du Sud, États-Unis (en anglais, traduction française assurée)

16 h 40 – Les « étiquettes de l’esprit » : Auto-évaluations, stéréotypes sociaux et productions scolaires

  • Pascal Huguet, LAPSCO, Université Clermont Auvergne

17 h 30 – Améliorer l’attention à l’école : programme ATOLE

  • Jean-Philippe Lachaux, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, INSERM

18 h 20 – Conclusion générale

  • Joëlle Proust, membre du CSEN
  • Christophe Marsollier, IGEN

18 h 45 – Clôture

  • Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire

Fin à 19 h 00

Les intervenants

Président du CSEN, ancien élève de l’École normale supérieure et docteur en psychologie cognitive.


En septembre 2005, il est nommé professeur au Collège de France, sur la chaire nouvellement créée de psychologie cognitive expérimentale, après avoir occupé pendant près de dix ans la fonction de directeur de recherche à l’INSERM. Ses recherches visent à élucider les bases cérébrales des opérations les plus fondamentales du cerveau humain, tels la lecture, le calcul, le raisonnement ou la prise de conscience. Ses travaux de recherche ont été récompensés par plusieurs prix et subventions, dont le prix Louis D. de la Fondation de France, avec Denis Le Bihan, le prix Jean-Louis Signoret de la Fondation Ipsen et la Centennial Fellowship de la Fondation américaine McDonnell. Parmi ses dernières publications : Apprendre à lireDes sciences cognitives à la salle de classe (Odile Jacob, 2011) et Apprendre ! Les Talents du cerveau, le défi des machines (Odile Jacob, 2018).

Membre du CSEN, co-responsable scientifique du groupe de travail « Métacognition et confiance en soi », docteur en sciences cognitives.

Il effectue un post-doctorat à l’Université de Harvard, au département de psychologie, puis au Commissariat à l’énergie atomique (INSERM-Orsay). En 2010, il obtient la médaille de bronze du CNRS et, en 2007, le prix international William-James « Meilleur jeune chercheur » dans le domaine de l’étude scientifique de la conscience. Directeur de recherche au CNRS, à l’École normale supérieure, il dirige le laboratoire Cerveau et conscience. Il y étudie les mécanismes cognitifs et neurophysiologiques liés à l’attention, l’apprentissage, la métacognition et la conscience. Il s’appuie sur des méthodes comportementales, ainsi que sur des méthodes d’imagerie cérébrale, telles l’IRM fonctionnelle et l’électroencéphalographie. Ces méthodes, appliquées aussi bien chez l’adulte que chez le jeune enfant, permettent de mieux caractériser les liens entre mémoire et sommeil, entre apprentissage et confiance en soi, entre perception, attention et prise de conscience.

Membre du CSEN, co-responsable scientifique du groupe de travail « Métacognition et confiance en soi », philosophe et directrice de recherche émérite au CNRS

Ses premiers travaux portent sur la vérité logique. En 1987, elle reçoit la médaille de bronze du CNRS pour l’ouvrage Questions de forme, Logique et proposition analytique de Kant à Carnap, publié en 1986 chez Fayard. Après un détachement de trois ans à l’Université de Berkeley, elle consacre l’essentiel de son activité à la philosophie de l’esprit et à la psychologie de la métacognition. Elle a dirigé plusieurs projets de recherche interdisciplinaire portant sur la phylogénèse et l’ontogénèse de la métacognition (Fondation européenne de la science, 2006-2009) et sur la diversité métacognitive entre les cultures (bourse senior du Conseil européen de la recherche, 2011-2017). Ces projets ont contribué à explorer les particularités culturelles du développement de l’auto-évaluation cognitive des jeunes enfants, et à mettre en évidence l’importance de l’expérience affective dans cette autorégulation. Joëlle Proust est membre de l’Académie internationale de philosophie des sciences.

Membre associé au groupe de travail « Métacognition et confiance en soi » du CSEN, est Inspecteur général de l’Éducation nationale.

Docteur en sciences de l’éducation, il a enseigné dans le premier degré et a été maître de conférences dans deux IUFM/ESPE. Ses travaux de recherche ont porté sur le rapport des enseignants à l’innovation avant de s’orienter plus particulièrement sur les problématiques liées à l’éthique de la relation pédagogique.

Professeure en psychologie cognitive et expérimentale à l’Université Aristote de Thessalonique (Grèce), professeure émérite depuis 2016

Ses thèmes de recherche concernent la métacognition, la motivation et l’auto-régulation. Elle est auteure et co-auteure d’articles publiés dans des revues scientifiques et des ouvrages grecs et internationaux, et éditrice de revues scientifiques grecques et internationales. En 2009, Anastasia Efklides a reçu le titre de docteur en philosophie honoris causa de la Faculté d’éducation de l’Université de Koblenz-Landau, en Allemagne, et en 2017, celui de la Faculté d’éducation de l’Université de Turku, en Finlande. Ses travaux de recherche ont été récompensés par plusieurs prix : le prix « Contribution exceptionnelle à la psychologie de l’éducation », décerné en 2006 par l’Association internationale de psychologie appliquée, le prix de la « Meilleure œuvre portant sur l’apprentissage et l’instruction », décerné en 2011 par l’Association européenne pour la recherche sur l’apprentissage et l’instruction (EARLI), et un prix portant sur l’ensemble de son œuvre, décerné en 2016 par le groupe d’intérêt « Motivation et Émotion » de l’Association européenne pour la recherche sur l’apprentissage et l’instruction (EARLI).

Titulaire d’un doctorat en psychologie sociale, maître d’enseignement et de recherche au département de sciences de l’éducation de l’Université de Genève

Elle enseigne la psychologie de l’éducation, ainsi que les processus sociocognitifs impliqués dans l’apprentissage. Son travail de recherche porte sur les influences sociales dans le contexte académique, ainsi que sur l’apprentissage coopératif. Elle intervient dans la formation initiale et continue des enseignants et mène aussi différentes interventions dans les écoles afin de renforcer la qualité des relations, ainsi que l’intégration et l’apprentissage des élèves. Membre de l’Association internationale pour l’étude de la coopération dans l’éducation, Céline Buchs a reçu en 2010 le prix « Contribution exceptionnelle à l’apprentissage coopératif » décerné par l’Association américaine pour la recherche en éducation.

Titulaire de la chaire de doyen au département de psychologie de l’éducation et de la communication à l’Université de Californie du Sud (États-Unis), en reconnaissance de ses résultats académiques et de leur impact sur la recherche

Elle est titulaire d’un doctorat en psychologie et en sociologie de l’éducation de l’Université du Michigan. Elle codirige le USC Dornsife Mind and Society Center. Elle est membre de l’Association for Psychological Science, de l’American Psychological Association, de la Society for Experimental Social Psychology et de la Society for Personality and Social Psychology. Daphna Oyserman s’intéresse, entre autres, aux écarts en matière de réussite scolaire et de santé liés au genre et au concept de soi. Elle étudie, dans différents contextes, comment les changements de mentalité peuvent influencer la perception des comportements et des situations, et comment ces changements peuvent avoir des effets significatifs sur la santé et les résultats scolaires. Ses travaux de recherche ont été salués par le prix W.T.-Grant et le prix Humboldt de la Fondation Alexander von Humboldt. Ils ont également inspiré une intervention dans les écoles, « Pathways to Success through Identity-based Motivation », destinée à remédier aux inégalités scolaires.

Docteur en psychologie, est directeur de recherche au CNRS

Il a créé et dirigé la Fédération de Recherche CNRS 3C (Comportement-Cerveau-Cognition) à Aix-Marseille Université et dirige actuellement le Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive (UMR CNRS 6024) de l’Université Clermont Auvergne. Ses travaux portent sur la régulation sociale des fonctionnements cognitifs chez l’homme (en laboratoire et en site naturel-scolaire) et chez le primate non humain. Nominé notamment par l’ « American Psychological Association » pour « contributions remarquables et soutenues aux sciences psychologiques », il est aussi membre réélu du comité exécutif de l’ « International Union of Psychological Science » représentant plus d’un demi-million de psychologues à travers le monde. Auteur d’une centaine de publications scientifiques, il a encadré près de 20 thèses de doctorat et piloté de nombreux contrats de recherche, dont actuellement « eP3C » (eFRAN) associant le rectorat de Clermont-Ferrand, 2 laboratoires du CNRS, 42 inspecteurs et chefs d’établissements, plus de 250 enseignants et 2 entreprises au service d’une expérimentation sur le numérique éducatif auprès de 8 000 élèves du secondaire.

Directeur de recherche au Centre de recherche en neurosciences de Lyon (INSERM)

 

L’équipe qu’il dirige s’intéresse aux réseaux neuronaux à grande échelle, qui sous-tendent la cognition humaine. Son travail de recherche concerne les mécanismes neuronaux de l’attention et de la concentration, dans le but de répondre plus particulièrement aux questions que nous nous posons tous, à leur sujet : Pourquoi sommes-nous si facilement distrait ? Se concentrer demande-t-il un effort ? En quoi l’attention améliore-t-elle la performance et l’apprentissage ? Il a dirigé et participé à plusieurs projets de recherche nationaux et européens. En 2005, il a reçu la médaille de bronze du CNRS. Conjointement à son travail de recherche en neurosciences cognitives, Jean-Philippe Lachaux mène une action sur le long terme pour promouvoir la maîtrise douce de l’attention comme une valeur dans notre société, notamment à travers ATOLE, un programme de découverte et de développement de l’attention à destination des élèves.

 

Doctorante à l’université de Washington

Diplômée du MIT, Stefania Druga est actuellement rattachée à l’École d’information de l’université de Washington, sous la direction des professeurs Amy J. Ko au sein du Code & Cognition Lab et de Benjamin Mako Hill au sein du Community Data Science Collective.
Ses recherches portent sur l’alphabétisation en intelligence artificielle et la conception de nouvelles plateformes informatiques pour les enfants et les parents. Elle conçoit et construit de futurs jouets et jeux intelligents.

Professeure à l’université College de Londres

Les recherches de Rose Luckin consistent à mêler les théories des sciences de l’apprentissage et les techniques de l’intelligence artificielle. Elle est directrice d’EDUCATE Ventures Research Ltd, une plateforme londonienne qui permet aux jeunes entreprises de technologie éducative, aux chercheurs et aux éducateurs de collaborer au développement de produits et de services
fondés sur des données probantes, présidente de l’International Society for AI in Education et cofondatrice de l’Institute for Ethical AI in Education.
Rose Luckin a occupé une chaire internationale Franqui à la KU Leuven, en 2019.

Cette conférence a été organisée en partenariat avec :

  • Réseau Canopé
  • GMF
  • ENS – Paris Sciences et Lettres
  • ENS – Département d’études cognitives
  • Institut Jean Nicod
  • Collège de France

Les captations

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