Résumé
Cette publication du CSEN tâche d’extraire, parmi les résultats de la recherche en sciences cognitives, ceux qui nous apparaissent utiles pour l’enseignement des mathématiques en maternelle et au CP. Ces résultats incitent principalement à introduire l’enseignement des mathématiques par le jeu et la construction d’objets matériels.
L’état de la recherche dans ce domaine est tel qu’il s’agit rarement de formules clés en main, qui peuvent être directement appliquées à la classe. Il appartient donc aux enseignants de s’en emparer afin de les traduire dans leur pratique de la façon qui leur semblera la plus pertinente. Ces propositions pourraient, à leur tour, faire l’objet d’évaluations rigoureuses de leur impact sur les élèves.
- En maternelle, toutes les mathématiques peuvent être introduites par le jeu et la construction d’objets matériels ;
- Introduire les enfants au plaisir des mathématiques, c’est les faire jouer avec les nombres, mais aussi les constructions, les formes, les mesures, l’espace et les cartes, les puzzles, la logique, les ensembles… ;
- Pour faciliter le passage à l’abstraction, on peut revenir régulièrement sur le même objet mathématique (par exemple le contraste entre deux et trois, ou le concept de nombre “pair”), mais en l’abordant sous de nouveaux angles, en variant les jeux et les contextes ;
- Même des objets avancés, comme les nombres au-delà de vingt ou les fractions (demi, moitié) peuvent être introduits tôt et être approfondis un peu plus chaque année (dans une approche en spirale) ;
- La pensée mathématique s’appuie sur un vocabulaire spécifique, que l’enseignant doit utiliser régulièrement et dans toutes ses dimensions, en mettant un haut-parleur sur sa pensée ;
- Des évaluations régulières, même très simples (tel élève sait-il donner 3 objets ? comprend-il avant et après, dessus et dessous), permettent de mieux adapter les contenus aux besoins des enfants.
Rédigé par Stanislas Dehaene, avec les contributions d’Anne Christophe, Ghislaine Dehaene-Lambertz, Véronique Izard, Elena Pasquinelli et Elizabeth Spelke