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Le CSEN dévoile la 3ème note synthétique sur ce que nous disent les analyses des évaluations nationales en CP et en CE1 en France depuis 2018 : l’influence de l’âge sur les acquisitions en langage et en mathématiques, l’émergence d’une avance pour les garçons par rapport aux filles dès les premiers 6 mois de l’école primaire en France, ainsi que les trajectoires de niveaux des élèves qu’on peut modifier avec des interventions le plus tôt possible pour accélérer le progrès des élèves les plus en difficulté.

Cette note a été rédigée par Pauline Martinot et Stanislas Dehaene.

Résumé

Depuis 2018, tous les élèves de CP bénéficient d’évaluations nationales qui mesurent leurs compétences en langage, en mathématiques et leur évolution jusqu’au début du CE1 : c’est le programme EvalAide, « Évaluer pour mieux aider ». L’objectif est d’identifier les besoins précis de chaque élève afin d’intervenir le plus tôt possible pour compenser une éventuelle difficulté ou un retard, et ainsi prévenir l’installation d’un déficit ou d’un découragement.

 

Nous partageons ici les résultats d’analyses réalisées à partir de ces données. Ces résultats confirment que les évaluations sont à la fois sensibles et utiles : sensibles, parce qu’elles détectent des effets extrêmement fins, comme l’augmentation systématique des performances avec l’âge des élèves, mois après mois ; utiles, parce toutes les mesures effectuées en début de CP permettent d’anticiper sur le développement ultérieur du langage et des mathématiques de l’élève, et suggèrent ainsi à l’enseignant des priorités d’intervention.

 

L’école joue son rôle en réduisant l’écart entre les établissements et les catégories sociales à mi-CP, avec un effet renforcé pour ceux qui bénéficient des réseaux d’éducation prioritaires (REP ou REP+). En revanche, ces écarts réapparaissent en partie en début de CE1 : les élèves de milieu favorisé consolident leurs acquis à travers l’été, ce qui n’est pas le cas des élèves de milieu défavorisé.

 

Enfin, en mathématiques, aucune différence entre filles et garçons n’existe en début de CP. Cependant, quelques mois de scolarisation suffisent pour qu’un avantage apparaisse en faveur des garçons et croisse au cours de l’année. L’analyse montre que c’est bien la scolarisation, et non l’âge, qui cause cet écart. Nous proposons des pistes pour contrecarrer ce biais de genre.

Les points à retenir

  • Les élèves entrent à l’école avec d’importantes différences de compétence, notamment liées à l’âge et au milieu social, qu’EvalAide permet de détecter ;

 

  • L’école réduit les différences entre catégories sociales d’établissement ;

 

  • C’est au sein des REP et REP+ que les enfants progressent le plus en langage et en mathématiques ;

 

  • En mathématiques, un écart important en faveur des garçons apparait en moins d’un an, et ce dans tous les domaines, particulièrement la résolution de problèmes et la ligne numérique ;

 

  • En langage, l’école compense partiellement les écarts entre garçons et filles qui sont présents dès l’entrée en CP ;

 

  • Dans ses enseignements fondamentaux, la classe de CP profite plus aux garçons, que ce soit en langage ou en mathématiques ;

 

  • Tous les tests d’Evalaide sont utiles pour que les enseignants identifient, le plus tôt possible les élèves à risque de développer des difficultés d’apprentissage et puissent suivre leurs progrès.

Pour aller plus loin

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