Depuis 2018, tous les élèves de CP bénéficient d’évaluations nationales qui mesurent leurs compétences en langage, en mathématiques et leur évolution jusqu’au début du CE1 : c’est le programme EvalAide, « Évaluer pour mieux aider ». L’objectif est d’identifier les besoins précis de chaque élève afin d’intervenir le plus tôt possible pour compenser une éventuelle difficulté ou un retard, et ainsi prévenir l’installation d’un déficit ou d’un découragement.
Nous partageons ici les résultats d’analyses réalisées à partir de ces données. Ces résultats confirment que les évaluations sont à la fois sensibles et utiles : sensibles, parce qu’elles détectent des effets extrêmement fins, comme l’augmentation systématique des performances avec l’âge des élèves, mois après mois ; utiles, parce toutes les mesures effectuées en début de CP permettent d’anticiper sur le développement ultérieur du langage et des mathématiques de l’élève, et suggèrent ainsi à l’enseignant des priorités d’intervention.
L’école joue son rôle en réduisant l’écart entre les établissements et les catégories sociales à mi-CP, avec un effet renforcé pour ceux qui bénéficient des réseaux d’éducation prioritaires (REP ou REP+). En revanche, ces écarts réapparaissent en partie en début de CE1 : les élèves de milieu favorisé consolident leurs acquis à travers l’été, ce qui n’est pas le cas des élèves de milieu défavorisé.
Enfin, en mathématiques, aucune différence entre filles et garçons n’existe en début de CP. Cependant, quelques mois de scolarisation suffisent pour qu’un avantage apparaisse en faveur des garçons et croisse au cours de l’année. L’analyse montre que c’est bien la scolarisation, et non l’âge, qui cause cet écart. Nous proposons des pistes pour contrecarrer ce biais de genre.