Fred Courant : Bonjour à toutes et à tous. « Peut mieux faire ». Je pense que nous sommes nombreux à avoir entendu cette phrase à l'école. Bon, à juste titre peut-être. Mais aujourd'hui, nous pourrions très bien retourner l'argument au système scolaire français. « Peut mieux faire. »
Parce que quand on regarde la place de la France dans les classements internationaux des systèmes éducatifs, qu'il s'agisse par exemple de la fameuse enquête PISA, de l'OCDE ou encore PIRLS, sur la compréhension écrite des élèves de CM1, les résultats sont disons plutôt décevants, pour ne pas dire médiocres. Et ce n'est sans doute pas uniquement à cause des élèves et des enseignants.
Surtout que dans ces études internationales, la France a une mention spéciale : « Manque d'équité. » Autrement dit, elle ne donnerait pas les mêmes chances à tous les enfants. D'où l'idée de rendre plus performant le système d'évaluation des élèves, notamment en détectant le plus vite et le plus tôt possible les enfants qui ont des difficultés et donc des besoins particuliers.
Voici le sommaire de ce dossier.
Voix off : Sortez vos stylos et vos cahiers ! Aujourd'hui, on s'intéresse à l'évaluation des élèves dès la rentrée du CP.
À quoi sert-elle ? Et comment a-t-elle été conçue ? Nous découvrirons ensemble comment cette évaluation se déroule dans une classe de CP.
Un autre type d'évaluation fait son apparition, c'est l'évaluation positive. Qu'est-ce que c'est ? Qu'apporte-t-elle de plus ? On vous dira tout !
Restez bien concentrés, il y a une interro à la fin.
Fred : Alors commençons par ces fameux tests de français et de mathématiques mis en place depuis la rentrée 2018 dans les classes de CP et de CE1. Une précision, il ne s'agit pas d'un examen ou d'un contrôle, mais bien d'une évaluation. On pourrait même dire une prévention. Elle a pour but de détecter très tôt d'éventuelles difficultés dans différents domaines du langage et des mathématiques, et de permettre ainsi à l'enseignant d'intervenir rapidement, en fonction des besoins de chaque élève. Bref, prévenir pour mieux guérir.
Bon alors bien sûr, les enseignants évaluent déjà régulièrement leurs élèves avec différentes méthodes. Mais là, la nouveauté, c'est que ces tests ont été conçus avec l'aide d'une équipe de chercheurs et à partir des dernières connaissances scientifiques, notamment dans le domaine de la cognition. Vous savez, ces processus mentaux qui permettent d'acquérir des connaissances et qui mettent en jeu, par exemple, la mémoire, le raisonnement, le langage, l'attention, etc. Je vous propose de regarder.
Pourquoi passer des évaluations dès le CP ?
Voix off : Une évaluation dès la rentrée du CP, c'est une drôle d'idée ça. Les élèves n'ont encore rien appris en début d'année…
Voix 2 : Détrompe-toi la petite voix. Un enfant apprend dès sa naissance sans le savoir. Tiens, par exemple, un bébé français différencie très vite le mot bol du mot vol. Si on lui montre plusieurs objets, par exemple, il est aussi capable d'en connaître le nombre approximatif.
Voix off : C'est doué un bébé.
Voix 2 : Au fur et à mesure qu'il grandit et en fonction de son éducation, ses compétences évoluent. À trois ans, il connaît de très nombreux mots et il est capable de construire des phrases aussi. Il parvient à faire la différence entre deux nombres, par exemple, entre un paquet contenant 4 billes et un autre 6 billes. Mais tous les enfants ne développent pas ces capacités au même rythme. À l'entrée en CP, il arrive donc que les élèves aient des niveaux très inégaux.
Voix off : Ah d'accord, c'est pour ça qu'ils passent une évaluation, pour savoir où ils en sont.
Voix 2 : Exactement. Mais attention, on n'évalue pas n'importe quoi. Cette évaluation regroupe une multitude d'exercices qui évaluent des compétences bien spécifiques du langage oral et écrit, et des mathématiques. En fonction de ces réponses, l'enseignant sait donc à l'avance si l'élève se débrouillera plus ou moins bien pour lire ou compter. Il pourra alors travailler avec les élèves les points qui posent problème.
Voix off : Ok, en gros, on vérifie si l'élève a passé les premières étapes avant qu'il continue d'apprendre.
Voix 2 : C'est ça. Tiens, intéressons-nous à la lecture, par exemple. Un élève progressera mieux si, dans un premier temps, il maîtrise bien sa langue à l'oral. Certains exercices évaluent donc la compréhension du langage oral au niveau du texte, de la phrase et du mot. Par exemple, l'enseignant lit une phrase à l'oral et les élèves doivent sélectionner l'image correspondante parmi plusieurs. D'autres exercices mesurent la capacité de l'élève à comprendre le sens des mots. Pour évaluer cette capacité, l'enseignante prononce par exemple le mot « sourire ». Les élèves doivent identifier l'image correspondante parmi les quatre proposés. Cette compétence est indispensable pour apprendre à lire.
L'élève doit non seulement comprendre le sens précis des mots et aussi différencier ceux qui ne se distinguent que par un son, comme « rire » et « lire ». Pour cela, l'élève doit être capable d'associer chaque lettre ou graphème du mot écrit au son ou phonème qui lui correspond à l'oral. C'est ce qu'on appelle le décodage.
Voix off : Les gra-quoi ? Les pho-quoi ? Là, tu me parles dans une autre langue.
Voix 2 : Attends, tu vas comprendre. Par exemple, le mot chic est composé de trois graphèmes CH, I et C. Les graphèmes, ce sont donc les plus petits éléments de l'écriture qui, dans une langue, représentent les petits sons du langage oral. Ils te permettent de distinguer les mots. Ces petits sons /ch/, /i/ et /k/, on les appelle phonèmes. Par exemple, il existe deux principales catégories de phonèmes, les voyelles et les consonnes.
Les voyelles peuvent se prononcer seules et même correspondre à un mot comme ici dans « il y a un an ». En revanche, les consonnes doivent se prononcer avec une voyelle comme /t/, /d/ ou /s/ dans « ta », « don » ou « sa ». Quand l'élève parvient à associer correctement et rapidement les graphèmes au phonème qui correspondent, alors il peut comprendre un texte écrit comme il comprend un texte oral.
Voix off : Et comment vérifier qu'un enfant sait faire ça ?
Voix 2 : Dans l'un des exercices, l'enseignante dit un mot à l'oral, comme « tour » par exemple. Les élèves doivent alors reconnaître parmi plusieurs images celles qui représentent un mot dont la première lettre correspond au premier son de « tour ». Ici, le /t/ de « tasse » ou « tige ».
Pour bien déterminer les capacités de l'élève, d'autres mots sont choisis de façon à ce que leur premier son soit proche au niveau sonore ou visuel du /t/ de « tour ». Par exemple, le premier son de « dents » sonne comme le premier son de « tour », alors que la première lettre de « four » ressemble visuellement à celle de « tour ».
Voix off : Si l'élève commence à apprendre à lire, il doit se tromper ?
Voix 2 : Oui, il arrive que des enfants confondent « tour » et « pour », « tour » et « four » ou encore « tour » et « trou ». Mais s'ils se trompent trop souvent, cela indiquera qu'il a du mal à faire la différence entre les phonèmes comme /t/ ou /d/ ou bien qu'il ne différencie pas la forme des lettres comme « t » et « f » ou même les deux comme « b » et « d ».
Voix off : Et pour les mathématiques, comment ça se passe ?
Voix 2 : Là encore, d'après les recherches scientifiques, il existe plusieurs indicateurs pour prédire les performances de l'élève en mathématiques. Par exemple, si l'élève reconnaît correctement les chiffres écrits sous forme de mots et les symboles associés, alors il progressera plus facilement en mathématiques. Pour évaluer cette compétence, l'enseignante prononce un nombre entre 0 et 10 et l'élève doit reconnaître le symbole associé parmi plusieurs propositions. L'enseignante peut aussi dicter un chiffre à l'oral et l'élève doit écrire le symbole correspondant.
Voix off : Facile ! T'as pas autre chose ?
Voix 2 : Ici, l'élève est face à une ligne bornée entre 0 et 10. Il doit indiquer le numéro qui correspond à l'endroit indiqué par le repère déjà positionné. Dans ce cas, c'est le chiffre 5. Pour le placer, l'enfant doit d'abord identifier correctement le symbole. Il doit aussi être capable de compter de 0 à 10 et même de diviser par 2 pour estimer la bonne position. C'est donc un bon moyen de vérifier si l'élève est capable de se repérer dans l'espace. Eh oui, l'espace et les nombres sont deux notions étroitement liées.
Voix off : Bien se repérer dans l'espace, c'est utile pour savoir compter ?
Voix 2 : Si l'élève maîtrise bien cette ligne numérique, alors il cernera plus facilement le principe d'addition qui consiste à se déplacer sur la ligne vers la droite. Alors que soustraire, c'est l'inverse. Cela lui sera donc très utile pour faire des opérations.
Voix off : Allez, à mon tour d'essayer !
Fred Courant : Alors maintenant, dans la pratique, comment se déroule l'évaluation ? Eh bien, nous sommes allés dans une classe de CP de l'école primaire Georges Lapierre, à Alfortville, en région parisienne. Pour tout vous dire, on a été obligés de tricher un peu, mais pour la bonne cause. Car évidemment, on ne pouvait pas promener nos caméras dans la classe au moment où les élèves passaient les vrais tests d'évaluation sans risquer de les perturber et de les déconcentrer. Alors, on leur a demandé de se prêter au jeu et de refaire les tests quelques mois plus tard. Et au moins, vous allez voir comment ça se passe. C'est parti !
Voix off : Aujourd'hui, c'est le jour de l'évaluation pour les élèves de cette classe de CP. Et pour commencer, l'enseignante sépare les élèves. Elle distribue les cahiers d'exercices et elle les laisse écrire leurs prénoms dessus.
Enseignante : Nous avons un guide de l'enseignant et puis des livrets pour les enfants dans lesquels il y a ces fameux exercices auxquels ils doivent répondre.
Voix off : Au programme, des exercices de français et de mathématiques. Pour chaque exercice, l'enseignante lit les consignes à haute voix, puis les élèves se lancent.
Enseignante : Donc, dans cet exercice, je vais vous dire une phrase et vous allez entourer l'image qui va avec. Nous allons faire deux exemples. « Le chien n'est pas dans la niche ». « La fille ne court pas. » « La fille ne court pas. On est dans les images du bas ici.
Voix off : Selon les exercices, ils ont entre une et dix minutes top chrono pour répondre et interdiction de donner trop d'indications. Mais ce n'est pas toujours facile pour des enfants qui sortent tout juste de maternelle.
Enseignante : On s'aperçoit qu'ils ont énormément appris en maternelle, mais qu'ils n'arrivent pas forcément à restituer leurs connaissances sur du papier. Parce que les consignes sont complexes, parce que c'est très long, donc le temps de concentration d'un enfant de 6-7 ans est quand même assez réduit. Et puis après, c'est le repérage dans la feuille, dans l'espace, parce que c'est des guides qui sont assez grands. Donc, il y a des enfants qui n'ont aucun souci, puis il y en a d'autres, on ne sait pas pourquoi, en fait, ils éprouvent énormément de difficultés, même à tourner une page en début d'année, c'est compliqué.
Enseignante : En dessous de chaque ligne, il y a des propositions. Est-ce que 5 peut être ici ? Est-ce que ça pourrait plutôt être 6 ? Tu veux dire qu'on peut remettre un 5 et puis un 7 là, c'est ça ? Tu as raison. C'est ça. Alors, c'est un petit peu difficile comme exercice, on le sait. On va essayer. Et si vous n'y arrivez pas, c'est pas grave. Le principal, c'est quand même de donner le meilleur. Vous essayez.
Voix off : Au total, il y a 20 exercices. Bien entendu, les enfants ne réalisent pas l'ensemble de l'évaluation en une seule fois. Elle se déroule sur plusieurs demi-journées, pendant une semaine.
Enseignante : En septembre, moi, j'ai trouvé que ces évaluations me prenaient trop de temps. Une fois qu'ils avaient fait ça, ils étaient tellement épuisés, ils avaient tellement donné que le reste de la journée, c'était compliqué. En revanche, en février, elles ont été réajustées en termes de temps. C'est-à-dire qu'on avait un livret en moins. On n'avait qu'un seul livret de maths au lieu de deux. Et puis, les élèves étaient beaucoup plus efficaces. Donc, je pense que l'un et l'autre, ça ne nous a pas pris le temps de septembre. Et c'était très bien, très adapté, en tout cas à leur niveau.
Voix off : Après ces premières évaluations, les enseignants ont répondu à un questionnaire pour donner leur avis.
Thierry Rocher (DEPP) : Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a 80% des enseignants qui disent que ces évaluations, leur contenu, sont tout à fait adaptés, pertinents pour identifier des besoins en CP et en CE1. Et un enseignant sur cinq déclare que ces évaluations ont permis de déceler des difficultés, des besoins chez les élèves qui n'avaient pas décelé par ailleurs.
Voix off : Les réponses au questionnaire ont aussi permis d'améliorer la deuxième session d'évaluation 2019-2020.
Thierry Rocher : Pour cette deuxième année d'évaluation, on a notamment amélioré des formulations de consignes, de problèmes, etc. On a réduit le temps de passation. Et enfin, on a aussi réglé et amélioré largement des aspects techniques comme la saisie des résultats, la saisie informatique par les professeurs.
Voix off : En plus d'aider les enseignants à identifier les difficultés des élèves, ces évaluations apportent d'autres informations précieuses. Et oui, en épluchant les résultats partout en France, on observe des écarts importants de niveau d'un endroit à l'autre.
Thierry Rocher : Par exemple, en français, on a constaté des écarts très importants sur le vocabulaire, comprendre des mots à l'oral. Et on voit qu'alors que 74% des élèves au niveau national maîtrisent cette compétence, attendus au début de CP, il ne sont que 44% à maîtriser cette compétence dans les zones les plus défavorisées socialement.
Voix off : Un moyen de lutter contre ces différences, c'est de réduire le nombre d'élèves par classe. Par exemple, dans celle de Sophie, il ne sont que 15. Et ça aussi, c'est bénéfique pour les élèves.
Enseignante : On a changé nos méthodes de travail, on a adapté nos méthodes de travail en les faisant travailler davantage en groupe, en les faisant davantage travailler en interaction entre chacun. Et puis avec l'enseignant, c'est super parce qu'on les sollicite énormément plus. Donc l'engagement est d'autant plus important. On décèle notamment plus vite les enfants en difficulté dans un dispositif comme ça et on va les chercher et on ne les lâche pas. Donc ce qui permet aussi, moi je pense que là, j'ai acquis, contrairement à l'an dernier, à 25, un groupe relativement homogène. Il n'y a pas d'enfant qui a décroché réellement.
« Donc, les évaluations, c'est terminé. D'accord ? Donc, les livrets, vous allez les mettre sur le bord. Nous allons les ramasser. »
Voix off : Bon alors, comment ça s'est passé ?
Enfants : Les exercices, ils étaient plutôt faciles. Les exercices, ils n'étaient pas très difficiles. Moi, je me suis trompée une fois. Moi, zéro fois. J'étais pas stressée, moi.
Fred : Jusqu'à présent, dans ce dossier, nous avons parlé d'évaluation diagnostique, celle qui permet de connaître les acquis et les difficultés des enfants très tôt, dès l'entrée en CP. Mais l'évaluation, bien sûr, se déroule aussi tout au long de l'année scolaire. C'est indispensable pour permettre à l'enseignant de savoir si ses élèves assimilent bien ou non les connaissances et les compétences prévues au programme. Alors, l'outil que nous connaissons tous pour évaluer les élèves, c'est la fameuse note sur 10 ou sur 20. Mais depuis quelque temps, une autre forme d'évaluation se développe dans les classes. Cette évaluation est dite bienveillante. On parle aussi d'évaluation positive. Oui, oui, je ne vous en dis pas plus. Regardez.
Qu’est-ce qu’une évaluation positive ?
Voix off : C'est quoi une évaluation positive ? C'est noter les élèves avec le sourire ?
Voix 2 : Pas seulement. C'est avant tout une évaluation qui donne de la valeur au travail des enfants et plus de sens à ce qu'ils apprennent. Regarde.
Au début de l'année scolaire, chaque élève reçoit un livret de suivi des compétences. Ce livret liste précisément l'ensemble des aptitudes et des savoirs que l'élève doit maîtriser d'ici la fin de l'année. Tiens, par exemple, en mathématiques, ces élèves de CE1 devront savoir écrire, nommer, comparer les nombres entiers, mais aussi les additionner, les soustraire et les multiplier.
Voix off : Ce livret, c'est un peu comme un guide pour toute l'année ?
Voix 2 : Exactement. Ce livret définit un cadre clair et précis. L'élève sait donc quels objectifs atteindre et comment y parvenir. Par exemple, pour comprendre des énoncés écrits de plus en plus longs, Manon devra d'abord apprendre à bien décoder les mots, en commençant par les plus faciles comme « feu » ou « je », puis « fleur » ou « jeudi ». Progressivement, elle va apprendre à lire des mots plus compliqués avec les lettres C, G ou S, comme « garage » et « cage » ou « ruse » et « russe ».
En effet, pour comprendre un texte, Manon doit pouvoir reconnaître les mots écrits. Si elle se trompe souvent, elle ne va pas bien comprendre ce qu'elle lit. Et si elle n'est pas assez rapide, elle aura oublié le début du texte en arrivant à sa fin. En connaissant l'objectif final, l'élève saisit mieux l'intérêt d'exercices plus précis, comme réussir à lire correctement 60 mots par minute, par exemple. Et ça, c'est bénéfique pour apprendre efficacement.
Voix off : Ben, comment tu sais ça ?
Voix 2 : C'est grâce aux recherches issues des sciences cognitives. Elles nous aident à comprendre comment les connaissances se construisent, sont utilisées et transmises.
Commençons par l'attention. Elle est indispensable pour apprendre correctement. Plus l'élève comprend l'intérêt de l'exercice qu'il fait, plus il est attentif. Son cerveau se détache des distractions inutiles, comme les bruits environnants. Il sélectionne les informations pertinentes, par exemple l'ordre des lettres du mot « trou » pour les analyser correctement.
Voix off : Ah, ok ! Comme ça l'élève lit bien le mot « trou » et pas « tour », alors on reste concentré.
Voix 2 : L'implication est aussi importante. On parle d'engagement actif. Autrement dit, l'élève doit s'impliquer dans son travail. L'enseignante le guide, mais elle le laisse aussi réfléchir par lui-même. L'élève est alors capable de se poser des questions pour émettre des hypothèses sur le monde qui l'entoure. Il les valide ou les ajuste en fonction de ses expériences ou des retours de l'enseignante. Résultat, il reste curieux et motivé.
Voix off : Ah, ça c'est positif !
Voix : Oui, c'est positif, mais il manque encore quelques ingrédients, car une évaluation positive réussie doit aussi encourager l'auto-évaluation. Concrètement, à la fin de la leçon, avec l'aide de l'enseignant, l'élève remplit son livret et il indique lui-même s'il pense bien maîtriser ce qui lui a été demandé, s'il doit le retravailler ou si, au contraire, il ne le maîtrise pas du tout. Comme ça, eh bien l'enfant est toujours plus impliqué pour apprendre.
Voix off : Compris ! Mais alors, tu veux dire qu'il n'y a plus de notes ?
Voix 2 : Non, les notes sont remplacées par des commentaires de l'enseignant. L'objectif, c'est de mettre l'accent sur les efforts et les réussites de l'élève pour le valoriser. Même les progrès, les plus petits, sont soulignés. L'enfant a donc conscience qu'il progresse, il gagne en confiance et il a une meilleure estime de lui. Résultat, ça le motive à apprendre et il est plus performant pour acquérir de nouvelles connaissances.
Voix off : Oui, enfin, il arrive qu'on se trompe. Et qu'est-ce qui se passe dans ce cas-là ?
Voix 2 : Bien entendu, les erreurs et les lacunes ne sont pas dissimulées, mais l'erreur est abordée de façon positive et constructive. Concrètement, l'enseignant lui explique comment apprendre de son erreur pour progresser. Et finalement, eh bien les élèves ne travaillent plus pour avoir la meilleure note ou se classer les uns par rapport aux autres, mais pour connaître leurs points forts et leurs points faibles. Résultat, ils n'ont plus cette pression de réussir à tout prix et ils sont moins stressés. Et ce n'est pas tout.
Un autre ingrédient est aussi essentiel pour apprendre efficacement, c'est le retour sur le travail de l'élève. Grâce aux commentaires de l'enseignant, l'élève prend conscience du décalage entre ce qu'il pensait être juste et la réalité. Cela force l'élève à corriger sa façon de réfléchir et à modifier sa réponse. Par exemple, si l'élève pense que le mot « dokteur » s'écrit comme ça, l'enseignant lui signale qu'il se trompe et l'encourage à trouver les autres façons de former le son /k/ parmi celles déjà apprises. Comme ça, l'élève réfléchit et adapte son raisonnement pour finalement écrire « docteur » correctement.
Voix off : Ah ben c'est mieux comme ça !
Voix 2 : Oui ! Et ce n'est pas fini, on continue. Pour progresser encore, l'élève doit s'évaluer régulièrement. Le cerveau est régulièrement confronté à de nouvelles difficultés. L'activité cérébrale augmente, ce qui favorise la mémorisation dans le temps des dernières connaissances apprises. Elles sont donc mieux enregistrées et la mémoire de l'élève est plus forte. Il est donc impératif d'alterner entre des périodes d'apprentissage et des périodes d'évaluation tout au long de l'année.
Bon, mais tous les élèves n'avancent pas à la même vitesse ! L'évaluation positive consiste aussi à s'adapter au rythme et au niveau de chaque élève, notamment en leur donnant la possibilité de recommencer un exercice qu'ils n'ont pas réussi et de s'évaluer autant de fois que nécessaire.
Voix off : Attention, Implication, mémorisation. Que des bonnes choses pour réussir à apprendre !
Voix 2 : Finalement, l'évaluation positive fournit les bonnes conditions pour la consolidation des connaissances. Au fur et à mesure et à force de répétition, l'élève automatise certains apprentissages. Par exemple, Manon lira très rapidement des mots longs comme « généralement » sans avoir besoin de se concentrer sur chaque groupe de lettres. Elle va aussi pouvoir reconnaître très rapidement des mots plus compliqués comme « sept » qui ne se lit pas comme « septembre ». Certaines parties de son cerveau sont donc disponibles pour se concentrer davantage sur le sens des mots. Manon va alors lire pour apprendre et non plus simplement apprendre à lire.
Voix off : C'est noté ! Enfin, c'est compris. Bon, maintenant, il n'y a plus qu'à faire une bonne nuit de sommeil pour que mon cerveau mémorise tout ça.
Fred : Alors, même si les évaluations en CP et en CE1 ne sont en place que depuis 2018, elles influencent déjà le travail de certains professeurs. Et oui, qu'il s'agisse des méthodes d'enseignement ou des évaluations, les pratiques ont évolué. Alors, pour savoir concrètement quels sont ces changements, nous nous sommes rendus à l'école Manin, située dans le 19e arrondissement de Paris. On y va !
Voix off : Des élèves, des bureaux, un tableau… Bref, en apparence, rien n'a changé. Et pourtant, Élodie Pichard, enseignante en classe de CP, a revu sa copie. Autrement dit, elle a modifié sa façon de travailler depuis la mise en place des nouvelles évaluations.
Enseignante 2 : Par exemple, les groupes de besoins sont faits dès le départ. Donc, ça me permet d'avoir des groupes différents, homogènes, pour chaque catégorie qu'on travaille en classe. Ça me permet aussi de pouvoir faire plus rapidement des groupes hétérogènes, de dire, voilà, je vais prendre un enfant qui a un résultat satisfaisant avec un enfant qui est fragile. Comme ça, je peux mettre en place du tutorat, je peux mettre en place de l'aide différente aussi, pour pas que ce soit tout le temps la même façon d'enseigner. Donc, ça permet d'avoir vraiment des groupes très précis et donc de mettre de la différenciation en place utile pour chaque groupe d'élèves.
Voix off : Autre nouveauté, Elodie retravaille en classe certaines compétences testées dans les évaluations. Pour cela, elle adapte les consignes ou la forme des exercices à sa façon.
Enseignante : Ça me permet de les reprendre sous forme d'ateliers avec mes élèves et d'utiliser justement les groupes qui sont sortis des résultats pour reprendre à différents niveaux ces exercices, en les faisant plus faciles pour ceux qui ont des besoins, en les laissant tels quels au niveau de la difficulté pour les élèves fragiles et en les complexifiant parce que ceux qui ont un niveau satisfaisant peuvent aller plus loin, donc je commence à les faire aller plus loin.
Voix off : Et ce n'est pas tout, Elodie travaille aussi certaines compétences plus tôt dans l'année.
Enseignante 2 : Par exemple, la compréhension, j'en faisais beaucoup plus tard dans l'année et surtout elle était bien moins structurée, c'était peut-être moins de méthodologie pour les enfants. Par contre, dès le départ, j'ai toujours fait de l'encodage de syllabes, écrire des syllabes sous la dictée de l'adulte, de la lecture de syllabes également avec la phonologie, tout ça. Et là dans les évaluations, on se rend compte qu'il n'y a pas d'encodage de syllabes, il n'y a pas de lecture de syllabes, donc moi ça je le fais.
Voix off : Elodie n'a pas seulement changé sa manière d'enseigner, elle a aussi adapté sa façon d'évaluer les élèves.
Enseignante 2 : Au quotidien, je fais beaucoup moins d'évaluation papier classique comme je le faisais avant. Moi je tiens un cahier à jour avec les différents ateliers qu'on travaille, je passe dans les groupes évidemment, et je les évalue en fonction du niveau dans lequel ils sont, c'est-à-dire qu'un enfant qui est dans un groupe a besoin, il ne va évidemment pas être évalué sur les mêmes compétences qu'un enfant qui est dans un profil de lecteur ou de lecteur-compreneur bien sûr.
Là c'est une évaluation qui est beaucoup plus personnalisée, tout le monde peut être en situation de réussite, c'est l'objectif, même ceux qui ont des difficultés, ils réussissent à leur niveau.
Voix off : Certaines idées viennent directement d'une formation de l'Académie de Paris spécifique à l'apprentissage de la lecture. Cette formation existait déjà avant la mise en place des évaluations, mais ses objectifs ont été mis à jour après l'analyse des résultats des élèves.
Formatrice du Plan Lecture : Les évaluations montraient qu'il y avait beaucoup de difficultés, notamment en vocabulaire pour les compétences de compréhension. On propose donc une démarche d'apprentissage du vocabulaire qu'on pourra mettre en place depuis la maternelle jusqu'au CE2, en étoffant le vocabulaire, en le structurant, c'est surtout ça, et en le réinvestissant.
Voix off : Les formateurs comme Justine proposent donc des exercices ou des méthodes de travail clés en main aux enseignants. Comme ça, ils travaillent précisément les compétences dont les élèves ont besoin pour apprendre le vocabulaire.
Formatrice : La démarche qu'on propose, c'est partir d'une collecte de mots que l'on fait par rapport à un thème.
Enseignante 2 : J'aimerais qu'on fasse sur le thème de l'école. Qui a des mots à me donner ? Soraya ? Ballon.
Formatrice : On va continuer cette collecte quelques jours, voire quelques semaines, et à un moment donné, l'enseignante dit, on a assez de mots, et maintenant, on va faire un tri. Au début d'année, on va avoir des tris complètement aléatoires. Et comme on fera la même démarche de la grande section jusqu'au CE2, ça va se catégoriser dans l'esprit. Quand on reprendra en CE2 cette même affiche avec l'école, où on aura collecté des mots, puis trié, puis catégorisé, on va ouvrir notre tiroir et on va se dire, j'ai le mot « stylo », et je me souviens, j'avais le mot « feutre », j'avais le mot « règle », parce que c'était ce que j'avais dans la trousse, tout ce genre de catégorisation qui est faite, qui va permettre aux élèves de se soulager, de se dire, je connais un mot, en fait, j'en connais dix.
Voix off : Et il semble que ces méthodes portent déjà leurs fruits.
Formatrice : Depuis la mise en place des évaluations en association avec le plan lecture sur l'Académie de Paris, on a pu constater dans les classes une progression des élèves plus rapide, puisqu'on va leur faire apprendre à lire plus rapidement. Et on a pu se rendre compte, l'année dernière, que les seuls élèves qui n'étaient pas lecteurs en fin d'année étaient des élèves porteurs de handicap, et quelques élèves aussi allophones, qui ne parlent pas français. Le fait aussi d'avoir cette réussite, notamment en REP et en REP+, c'est aussi parce qu'on est en nombre réduit, on est entre 12 et 15 élèves par classe. Donc c'est aussi, pour les enseignants, un moyen vraiment de mettre en œuvre ce qu'on leur propose au plan lecture. C'est beaucoup plus facile de faire des groupes à 15 qu'à 30 élèves.
Voix off : Oui, mais tous les enseignants peuvent s'inspirer de la formation parisienne, qu'ils aient 15 ou 30 élèves. Pour cela, il faut se rendre sur la page « Français à l'école » du site Internet de l'Académie de Paris. Il y a des tas de conseils et d'idées à piocher.
Fred : Bien alors, si on se résume, aujourd'hui, les pratiques d'évaluation sont essentielles pour faire progresser les élèves. Et pourtant, aucune méthode ne fait encore vraiment l'unanimité. Avec ou sans note, par compétence ou de manière globale, dirigée ou sous forme d'auto-évaluation. Bref, il existe une grande diversité de pratiques. Et il faut bien constater que le système d'évaluation est en pleine mutation. Il pose question. Alors, pour nous éclairer, nous avons interrogé deux spécialistes. Regardez.
Quelles sont les finalités de l’évaluation ?
Inspecteur : Quand on est élève, on sait tout ce que c'est qu'une évaluation. Enfin, on l'appelle un contrôle, etc. Et en fait, pour l'élève, qu'est-ce qu'il a envie de savoir ? C'est s'il a bien compris ce qu'on lui a appris, s'il sait faire ce qu'on a appris. Enfin, c'est du côté de l'élève, une évaluation, c'est à son importance. Et c'est pour ça que la forme de l'évaluation a aussi son importance sur l'effet que ça a sur l'élève.
Une évaluation bienveillante, même s'il ne sait pas tout faire, ça va le renforcer, il va vouloir aller plus loin. Donc, l'évaluation a une importance pour l'élève. Pour l'enseignant, lui aussi, il a besoin de savoir ce que, individuellement, c'est un élève pour pouvoir venir l'aider, pour pouvoir renforcer les notions qu'il n'a pas bien acquises, pour pouvoir lui dire d'aller plus loin. Donc, pour l'élève, c'est important pour l'enseignant de savoir ce que cet élève sait faire. Mais aussi, l'enseignant il doit savoir comment passe telle notion. Cela permet de faire ces réglages : « sur l’enseignement, il faut que j’appuie plus sur ce bouton-là de telle notion, ou moins parce qu’il n’y a pas besoin d’en faire tant ».
Et puis, il y a un troisième acteur qui est l’institution. Elle gère tout le monde, elle a besoin de savoir si son système éducatif est efficace, et donc elle a besoin d’un retour, de savoir est ce qu’il y a de la réussite. Et ces informations là permettent de dire, peut-être qu’il faut renforcer tel côté de formation etc.
Vers quoi évolue-t-elle ?
Pierre Merle : Les pratiques de notation évoluent de façon sensible sur les vingt dernières années et même je dirai sur les 5 dernières années. C’est-à-dire qu’il y a dix ans, les classes sans note par exemple étaient une idée qui aurait paru farfelue, alors qu’aujourd’hui il y a plus de 10% des classes de collège dans lesquelles on pratique l’évaluation des classes sans notes. Et d’ailleurs c’est la même chose pour l’école élémentaire. Il y a 20 ans les écoliers étaient encore notés, alors qu’aujourd’hui il n’y a plus qu’une infime minorité qui est notée.
Donc on voit qu’on est dans un système qui est en changement parce que la question de l’évaluation est une question qui est sensible et qui prend de plus en plus d’importance dans les réflexions qui sont menées à la fois au niveau ministériel, au niveau des établissements et des professeurs.
Pourquoi changer les pratiques d’évaluation ?
Pierre Merle : L'école française n'est pas très efficace. Il y a une proportion très importante d'élèves faibles, très faibles même. C'est une caractéristique de l'école française. Et donc, pour remédier à ce problème central, eh bien, il y a nécessité de faire en sorte que nous accompagnions mieux les élèves qui sont en difficulté scolaire. Et pour mieux les accompagner, il vaut mieux qu'il y ait une évaluation un peu plus précise, qui permet de mieux connaître les faiblesses des élèves, pour mieux centrer, pour mieux préciser les apprentissages, les efforts qui peuvent être faits dans tel ou tel domaine. Donc, il y a l'idée de mieux évaluer pour permettre aux élèves de mieux progresser dans leurs apprentissages.
Inspecteur : L'égalité des chances est au cœur de l'évaluation. Plus une évaluation, on va dire, est peu compréhensible, pour un élève issu de milieux non favorisés, c'est-à-dire non favorisés culturellement, c'est-à-dire qui n'a pas forcément tous les codes de l'école. Et plus on a des difficultés à comprendre, y compris ce qu'on attend dans une évaluation, vous voyez. Et donc, si on travaille sur l'évaluation, c'est aussi pour permettre à tous de s'y retrouver.
Evaluation par compétence : quel intérêt ?
Pierre Merle : Une autre façon d'évaluer les élèves est recourir à une évaluation par compétence. Pour avoir une évaluation, en fait, qui serait plus précise, plus utile, à la fois pour les élèves, pour les professeurs et pour les parents. Par exemple, quand au niveau de l'école élémentaire, on enseigne aux élèves les droites parallèles, il y a évidemment la définition qui est connue, ce sont des droites qui ne vont jamais se croiser. Et puis après, il y a des exercices qui permettent de savoir si l'élève comprend derrière la définition de quoi il s'agit.
Donc, il peut avoir un graphique dans lequel il y a plein de droites et l'élève doit noter quelles sont les droites qui sont parallèles et celles qui ne le sont pas. L'élève va avoir les couleurs vertes pour s'assurer qu'elles sont apprises, mais pour la reconnaissance des droites parallèles ou pas, il ne veut pas avoir de points. Donc, en fait, il y a une évaluation qui est plus précise pour l'élève pour qu'il sache en fait dans quel domaine il doit faire des progrès et sur quel domaine il doit se concentrer en quelque sorte. Et pour le professeur, c'est la même chose.
Et l’auto-évaluation ?
Inspecteur : Si on regarde les études internationales, on fait moins d'auto-évaluations en France qu'ailleurs. Et pourtant, on le sait, les auto-évaluations renforcent le bien-être de l'élève déjà, puisqu'on sait que quand on s'évalue soi-même, si on sait ce qu'on sait faire, on est déjà bienveillant avec soi-même et donc on réussit mieux. Donc, c'est des formes d'évaluation qui devraient être renforcées. Vous voyez les choses qu'on pourrait faire évoluer.
Pierre Merle : Mettre en œuvre une évaluation par compétence est en fait un exercice qui est très contraignant et très difficile, puisqu'il y a le programme qui définit de façon très précise les compétences qui doivent être acquises. Il faut organiser toutes les séquences d'apprentissage de cette façon-là et il faut une évaluation qui soit très calée par rapport aux apprentissages. Et puis en plus, cette évaluation prend du temps, puisque par compétence, il faut à chaque fois préciser si elle est acquise, presque acquise, pas acquise, etc.
Donc, on voit qu'il y a une grande exigence qui peut expliquer les réticences de certains professeurs à bouleverser, il faut bien le dire, leurs pratiques habituelles de notation pour se lancer dans des pratiques qui sont complexes à mettre en œuvre.
Quel rôle jouent les élèves dans le changement d’évaluation ?
Inspecteur : On pourra progresser aussi sur le changement d'évaluation en rendant l'élève encore plus acteur de ses apprentissages, où un élève pourrait dire ce que pour lui est une bonne évaluation. Moi, j'invite les élèves à aller dire quand ils n'ont pas compris, ben voilà, j'ai pas compris cette forme d'évaluation, avec tout le respect qu'il a pour son maître. Mais je pense que la communication maître-élève, elle est bonne, mais si elle s'améliore, elle peut s'améliorer aussi sur l'évaluation qui ne doit pas être une simple sanction, qui doit être quelque chose de partage. C'est M. Antiby qui a parlé de l'évaluation de confiance, le contrat de confiance, où on dit ce qu'on va faire, etc. Mais c'est ça l'idée, c'est qu'un élève, il a aussi sa part pour améliorer l'évaluation.
Fred : Voilà, j'espère que ce dossier vous a plu, que vous avez appris beaucoup de choses et qu'il vous sera utile. Et puis, n'hésitez pas à nous apporter vos propres expériences d'élèves ou d'enseignants sur ces questions d'évaluation. Et puis, évidemment, vous avez le droit de nous mettre une note, mais nous, on préfère de loin vos commentaires.
Voix off : Oui, mais positif !
Fred : C'est ça, une évaluation positive ! Allez, merci de nous avoir suivis et on se retrouve bientôt pour un prochain dossier. Ciao !