De quoi dépend la confiance en soi ?
Le manque de confiance des élèves dans leurs capacités dépend le plus souvent d’idées reçues et de stéréotypes ambiants selon lesquels les compétences scolaires seraient liées aux caractéristiques personnelles (niveau d’intelligence présumé, origine sociale, genre). La confiance dépend aussi des retours affectifs (feedbacks) éprouvés au fil des activités. Un élève qui constate l’efficacité de ses efforts a confiance dans ses propres capacités, et prend activement part aux activités proposées. Un élève en déficit de réussite se désengage des apprentissages et désespère de tirer profit des activités proposées.
Du fait que le manque de confiance en soi est corrélé au statut socio-économique des élèves et qu’il influence négativement leur effort d’apprentissage, il est important d’en comprendre les mécanismes, et de mettre en œuvre des pratiques éducatives susceptibles d’y remédier.
L’évaluation de la confiance met en jeu la métacognition
Évaluer sa propre activité cognitive fait appel à la « métacognition ». Par « cognition », on entend l’ensemble des traitements de l’information effectués par le cerveau, qui permettent de percevoir, de mémoriser et de raisonner. Par « métacognition », on entend l’ensemble des traitements de l’information effectués par le cerveau qui permettent de contrôler (planifier et réviser) sa propre activité cognitive en cours et d’en prédire le succès. Identifier ses erreurs, ses chances de réussite, réviser ses stratégies et évaluer ses propres résultats relèvent de la métacognition.
La métacognition à l’école
A l’école, la métacognition intervient aux trois étapes clés de toute activité : dans son introduction, son déroulement et sa fin Il revient à l’enseignant d’accompagner chacune de ces étapes, pour que les élèves contrôlent et évaluent leur effort de manière autonome.
Quels sont les gestes professionnels qui développent la métacognition des élèves ?
Avant l’apprentissage : aider les élèves à clarifier en quoi consistent les objectifs de l’activité (feedback de but)
- Vérifier que les élèves ont tous les connaissances et les compétences nécessaires pour s’y engager, et pour comprendre la relation entre l’exercice proposé et l’acquisition visée.
- Mettre en valeur les enjeux du sujet traité, le lien avec les savoirs acquis, les applications extra-scolaires, etc.
- Aider les élèves à identifier l’objectif conceptuel ou l’étape dans la tâche en cours :
→ « Quel objectif cherches-tu à atteindre dans cette activité ? »
→ « Comment sauras-tu si tu as réussi à atteindre ton but ? »
→ « Quelle est la première étape pour atteindre ton objectif ? », etc.
En cours d’apprentissage : faire de l’erreur une étape normale et constructive dans l’apprentissage, et à repérer ce qui n’est pas encore compris (feedback de processus)
- Positiviser les erreurs et permettre aux élèves d’échanger (entre eux et avec l’enseignant.e) sur les difficultés qu’ils rencontrent.
- Proposer de brefs et fréquents « exercices intercalaires » (non notés) : choisir entre trois formulations ou trois schémas celui qui résume ce qui a été dit, et laisser les élèves en débattre.
- Réfléchir collectivement aux stratégies de correction de l’erreur.
Après l’apprentissage: aider les élèves à évaluer leurs acquis, et à distinguer le résultat obtenu sous l’angle de la mémorisation de mots et sous l’angle de la compréhension conceptuelle (feedback de résultat) Engager les élèves à vérifier et formaliser leurs acquis.
- Les interroger sur ce qui leur a permis de progresser dans l’activité.
- Évaluer la compréhension profonde plutôt que la simple rétention d’informations.
- Encourager dès le primaire la rédaction d’un journal personnel des apprentissages si possible à distance de l’apprentissage lui-même. Partager ce journal avec les autres élèves encourage la collaboration et la pensée critique.
Toutes les publications
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Conférence internationale IA en éducation - 3 Intervention de Pierre-Yves Oudeyer
Conférence internationale du CSEN du 25 mars 2026
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Le glossaire de la métacognition
Glossaire à destination des formatrices, des formateurs et des équipes éducatives
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Comment prévenir les stéréotypes sociocognitifs à l’école ?