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Pour construire un apprentissage structuré et systématique des correspondances graphème-phonème (utilisées pour lire) et phonème-graphème (utilisées pour écrire) disposer de données statistiques fiables est essentiel.

La note n°14 du CSEN présente celles disponibles, à partir desquelles il devient possible de définir une progression pédagogique optimale susceptible de faciliter l’apprentissage de la lecture tout en tenant compte de celui de l’écriture. La progression proposée pour la lecture est confrontée aux résultats d’études qui ont, pour certaines, observé les effets de différentes pratiques pédagogiques sur les débuts de cet apprentissage et, pour d’autres, évalué ces effets dans le cadre d’expérimentations utilisant des jeux éducatifs implémentés sur ordinateur.

Cette note a été rédigée par Liliane Sprenger-Charolles et Ronald Peereman.

 

Résumé

Quel que soit le système d’écriture, apprendre à lire et à écrire nécessite un enseignement explicite. Dans une écriture alphabétique comme celles de l’anglais, du français ou de l’espagnol, cet enseignement doit s’appuyer sur la consistance et la fréquence des liens graphème-phonème (pour décoder un mot écrit) et phonème-graphème (pour encoder un mot entendu).

Pour cela, il faut disposer de statistiques développées à partir du vocabulaire utilisé dans les textes destinés aux enfants. Par exemple, pour le français, Manulex-Infra et Manulex-Morpho fournissent des informations sur les relations graphème-phonème et phonème-graphème ainsi que, tout au moins pour Manulex-Morpho, sur les marques morphophonémiques grammaticales (par exemple, le s du pluriel des noms et le ent de celui des verbes) et lexicales (par exemple, le t de dent support des dérivés dentiste, dentition…).

 

Pour cette raison, après une présentation des principales bases existantes, l’articleb décrit en détail Manulex-Morpho : en premier, les caractéristiques des mots de cette base (catégories, fréquence, longueur…), puis celles des relations graphème-phonème et
phonème-graphème (nombre, consistance, fréquence…) et enfin celles des lettres finales des mots en fonction de leur statut (muettes ou non et ayant ou non une fonction morphologique).

Ces données permettent de dégager des principes à partir desquels il devient possible de définir une progression pédagogique optimale, susceptible de faciliter le début de l’apprentissage de la lecture ainsi que celui de l’orthographe.

Cette progression est confrontée aux résultats d’études qui ont, pour certaines, observé les effets de différentes pratiques pédagogiques sur les débuts de l’apprentissage de la lecture et, pour d’autres, évalué ces effets dans le cadre d’expérimentations utilisant des jeux éducatifs implémentés sur ordinateur.

Les points à retenir

  • Un enfant qui a une bonne compréhension orale ne peut comprendre ce qu’il lit que s’il a automatisé les mécanismes qui lui permettent d’identifier les mots écrits. Ce sont ces mécanismes qui sont spécifiques à la lecture, les processus de compréhension
    étant largement amodaux, c’est-à-dire similaires à l’écrit et à l’oral.

 

  • Le français écrit se caractérise, d’une part, par la présence de nombreux graphèmes ayant plus d’une lettre ( et dans chou : /S/+/u/). Cela provient du fait que le nombre de phonèmes de cette langue dépasse celui des lettres de l’alphabet, surtout pour les voyelles (6 lettres dans l’alphabet, 10 à 16 voyelles en français).

 

  • Le français écrit se caractérise également par la présence d’un nombre conséquent de graphèmes qui, en fin de mots, sont des marques morphologiques grammaticales qui doivent s’écrire alors qu’elles sont muettes à l’oral

 

  • Les relations entre phonèmes et graphèmes sont, en français, plus nombreuses que celles entre graphèmes et phonèmes. Apprendre à écrire est donc plus difficile qu’apprendre à lire.

 

  • Il existe une fenêtre temporelle précoce (les premières semaines du CP), durant laquelle un enseignement basé sur les correspondances graphème-phonème les plus consistantes et les plus fréquentes est le plus avantageux pour les élèves, surtout les plus fragiles.

 

  • Les données concernant la fréquence des correspondances graphème-phonème et phonème-graphème devraient aussi être utilisées à des fins de simplification de l’orthographe du français.

 

Les points à retenir présentent ensuite deux exemples de progression optimales pour les débuts de l’apprentissage de la lecture puis les étapes ultérieures permettant d’aborder les difficultés majeures de l’orthographe du français.

 

La version détaillée des points à retenir est disponible au téléchargement ci-dessous.

 

 

Télécharger les points à retenir

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