Quel que soit le système d’écriture, apprendre à lire et à écrire nécessite un enseignement explicite. Dans une écriture alphabétique comme celles de l’anglais, du français ou de l’espagnol, cet enseignement doit s’appuyer sur la consistance et la fréquence des liens graphème-phonème (pour décoder un mot écrit) et phonème-graphème (pour encoder un mot entendu).
Pour cela, il faut disposer de statistiques développées à partir du vocabulaire utilisé dans les textes destinés aux enfants. Par exemple, pour le français, Manulex-Infra et Manulex-Morpho fournissent des informations sur les relations graphème-phonème et phonème-graphème ainsi que, tout au moins pour Manulex-Morpho, sur les marques morphophonémiques grammaticales (par exemple, le s du pluriel des noms et le ent de celui des verbes) et lexicales (par exemple, le t de dent support des dérivés dentiste, dentition…).
Pour cette raison, après une présentation des principales bases existantes, l’articleb décrit en détail Manulex-Morpho : en premier, les caractéristiques des mots de cette base (catégories, fréquence, longueur…), puis celles des relations graphème-phonème et
phonème-graphème (nombre, consistance, fréquence…) et enfin celles des lettres finales des mots en fonction de leur statut (muettes ou non et ayant ou non une fonction morphologique).
Ces données permettent de dégager des principes à partir desquels il devient possible de définir une progression pédagogique optimale, susceptible de faciliter le début de l’apprentissage de la lecture ainsi que celui de l’orthographe.
Cette progression est confrontée aux résultats d’études qui ont, pour certaines, observé les effets de différentes pratiques pédagogiques sur les débuts de l’apprentissage de la lecture et, pour d’autres, évalué ces effets dans le cadre d’expérimentations utilisant des jeux éducatifs implémentés sur ordinateur.