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Résumé

Que penser de la diffusion des pratiques de méditation de pleine conscience dans les écoles françaises ? La note du CSEN passe en revue les connaissances scientifiques sur leurs effets et fournit des éléments de réflexion sur les bénéfices et les coûts potentiels associés à leur diffusion.

En conclusion, le CSEN ne voit pas de raison impérieuse d’interdire la pleine conscience et d’autres pratiques de bien-être dans l’éducation nationale, mais ces pratiques devraient être strictement encadrées. .

Rédigée par Franck Ramus avec Stanislas Dehaene, Stéphanie Mazza et Elena Pasquinelli.

Les points à retenir

 

  • Chez l’adulte, certaines formes de psychothérapies basées sur la pleine conscience, pratiquées dans un cadre clinique, sont bien validées scientifiquement, et ont une efficacité prouvée sur certains troubles psychologiques
  • Chez l’enfant, certaines formes d’interventions basées sur la pleine conscience, administrées à tous les élèves dans un contexte scolaire, semblent avoir des effets positifs sur les symptômes d’anxiété et de stress. Ces effets sont néanmoins de taille modeste. Les effets sur des compétences cognitives (attention, mémoire, fonctions exécutives) ou socio-émotionnelles sont moins bien établis au plus haut niveau de preuve
  • Les interventions basées sur la pleine conscience en milieu scolaire qui ont un bon niveau de preuve d’efficacité ne semblent pas poser de risque significatif
  • De nombreux intervenants et formateurs se présentent comme pratiquant la pleine conscience, mais il est difficile d’être certain que leurs pratiques sont conformes à celles évaluées positivement par la recherche. Dans le cas où elles ne le sont pas, les effets peuvent être nuls voire négatifs
  • La pleine conscience, comme toutes les pratiques de bien-être et de développement personnel, est parfois une composante de mouvements religieux, spirituels, ou sectaires
  • Le meilleur moyen de prévenir les risques de faible efficacité et d’entorse à la laïcité est d’exiger que les intervenants aient 1) reçu une formation certifiante à l’une des formes d’interventions basées sur la pleine conscience ayant une bonne preuve d’efficacité, et 2) exercent cette pratique conformément au protocole évalué
  • La généralisation éventuelle d’une telle approche pose de nombreuses questions épineuses de faisabilité (passage à l’échelle sans compromettre le niveau de qualité), notamment concernant la formation des intervenants
  • De nombreuses questions restent posées à propos des pratiques de pleine conscience à l’école, concernant leurs effets, les conditions de mise en œuvre permettant d’obtenir de tels effets, les publics qui en bénéficient le plus, etc. Ces questions méritent des recherches supplémentaires, y compris en France. Des projets de recherche sur les effets de la pleine conscience devraient donc pouvoir être menés dans des écoles françaises, sous certaines conditions, notamment : contrôle rigoureux de la formation des intervenants et de la conformité des pratiques, méthodologie d’évaluation rigoureuse, approbation d’un comité d’éthique
  • Le CSEN ne voit pas de raison impérieuse d’interdire la pleine conscience et d’autres pratiques de bien-être dans l’EN, mais ces pratiques devraient être strictement encadrées. Compte tenu des nombreuses questions restant ouvertes à propos de ces pratiques, et de l’incertitude résultante sur l’analyse bénéfices/coûts, une attitude prudente pourrait être d’en limiter pour l’instant l’usage au cadre des recherches scientifiques. Une attitude plus confiante serait d’autoriser les pratiques sous réserve de conformité aux protocoles scientifiquement validés dans l’état actuel des connaissances
  • D’autres pratiques actuellement en vigueur dans les écoles françaises ont une validité scientifique et un niveau de preuve nul ou inférieur à ceux des pratiques de pleine conscience. Le CSEN recommande d’adopter une attitude cohérente vis-à-vis de toutes ces pratiques, en termes d’autorisation, d’encadrement et d’évaluation.

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